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ce blog et en memoire a donovan hommage a notre fils , decede le 14 mai 2009 atteint d une maladie nomée neuroblastome metastatisque agee de 11 ans.

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document du neuroblastome


Comprendre
le neuroblastome





Le Neuroblastome

1.1 Qu’est-ce que le neuroblastome ?

Le neuroblastome est un cancer*. Il est découvert le plus

souvent chez l’enfant avant l’âge de 6 ans.

1.2 Qu’est-ce qu’un cancer ?

Le cancer est une maladie de la cellule*. La cellule est l’unité

de base de la vie. Il existe dans le corps plus de deux cents

types de cellules différentes (cellule musculaire, cellule de la

peau, cellule du sang, cellule des os, cellule nerveuse, etc.).

Chacune a un rôle précis. C’est grâce à la reproduction

des cellules normales que le corps humain peut grandir

jusqu’à l’âge adulte, que les cellules mortes sont

remplacées et que les blessures guérissent. Cette multiplication

est alors normale et indispensable à la vie. Une

cellule cancéreuse provient d’une cellule normale qui a

subi d’importantes modifications. Ces modifications

sont progressives : il faut une accumulation de plusieurs

modifications avant qu’une cellule devienne cancéreuse.

Les cellules cancéreuses se multiplient de manière

désordonnée au point de former une masse. Cette

masse est appelée "tumeur*". Les cellules cancéreuses

peuvent également envahir et détruire les tissus sains

avoisinants et empêcher leur fonctionnement normal.

Il arrive que les cellules cancéreuses se détachent de

la tumeur originale (dite "tumeur primitive") et se

propagent par les vaisseaux sanguins ou lymphatiques

vers d’autres parties du corps et y former une autre

tumeur, dite "tumeur secondaire" ou métastase*. Les

cellules de neuroblastome peuvent s’installer notamment

dans les os ou dans la moelle osseuse*. On parle alors de

neuroblastome métastatique ou disséminé.

1.3 Le neuroblastome est-il un cancer fréquent ?

Le neuroblastome est un cancer rare : 130 à 150 cas sont

diagnostiqués chaque année en France.

5

1

Chez les enfants de moins de 6 ans, le neuroblastome reste

néanmoins le cancer le plus fréquent. Il est bien connu des centres

spécialisés dans la prise en charge des cancers de l’enfant.

1.4 D’où vient le neuroblastome ?

L’enfant se développe à partir d’une seule cellule (qui est la

réunion d’un spermatozoïde et d’un ovule). Cette cellule va

se diviser pour en donner deux, puis quatre, puis huit, etc.

A force de se diviser et de se spécialiser, ces cellules vont

former un organisme constitué de milliards de cellules. Des

cellules vont s’assembler et composeront des tissus*.

Certains de ces tissus formeront des organes comme les os,

le coeur, les poumons, les muscles, la peau ; d’autres encore

constitueront ce qu’on appelle le système nerveux (le cerveau,

la moelle épinière* et les nerfs). Une partie du système nerveux

dirige certaines fonctions automatiques. On parle du système

nerveux autonome*.

Ce système nerveux autonome est

composé en partie d’un système

nerveux appelé "sympathique". Sans

que l’on sache encore très bien

pourquoi, il arrive qu’une cellule du

système nerveux sympathique devienne

anormale : elle se divise alors sans

aucun contrôle et finit par former une

tumeur appelée neuroblastome. Il est

important de comprendre que le neuroblastome

n’est pas une maladie unique

avec une cause unique et un traitement

unique. Il y a plusieurs formes de neuroblastomes

qui ont chacune leurs traitements

spécifiques. Le schéma ci-contre

montre la localisation du système nerveux

sympathique. Les neuroblastome

se développent au niveau de ce système

nerveux. C’est la raison pour laquelle les

neuroblastomes se trouvent le plus

souvent au niveau du ventre (sur une

glande* située au-dessus du rein : la

glande surrénale, ou de chaque côté de

la colonne vertébrale). Parfois, ils

apparaissent au niveau du thorax* et,

plus rarement, au niveau du cou.

Les cellules

de neuroblastome

30 % au niveau du thorax

50 % au niveau du ventre

10 % au niveau du pelvis

SYSTÈME NERVEUX SYMPATIQUE

LOCALISATIONS DES NEUROBLASTOMES

6

GANGLION

NERVEUX

SYMPATHIQUE

REIN

GLANDE

SURRÉNALE

10 % au niveau du cou

1.5 Quelles sont les causes du neuroblastome ?

On ne connaît pas actuellement les facteurs à l’origine du

développement d’un neuroblastome.

Aucun facteur ne semble lié à l’environnement (boisson,

alimentation, pollution, tabac) ou à la manière dont vivent

la famille et l’enfant. Il n’y a pas non plus de cause

infectieuse. Le neuroblastome n’est pas contagieux. Il ne

présente pas de facteur héréditaire puisque les familles dans

lesquelles on retrouve plus d’un cas de neuroblastome sont

extrêmement rares.

En revanche, nous savons qu’un neuroblastome présente

des anomalies dans le centre de la cellule (appelé "noyau"

de la cellule).

Ce noyau contient des petits bâtonnets que l’on

appelle les chromosomes*. Dans toutes les cellules

de l’homme, on retrouve toujours le même

nombre de chromosomes : 46. Chacun porte un

numéro. Ces chromosomes sont très importants :

chacun contient un très grand nombre de gènes*

qui servent à faire fonctionner normalement la

cellule. Il arrive que les chromosomes présentent

des anomalies qui atteignent certains gènes. Le

programme de fonctionnement est alors déréglé et la cellule

va se comporter de façon anormale.

Dans le noyau d’une cellule d’un neuroblastome, il arrive

qu’il y ait beaucoup trop de chromosomes. Parfois il peut

manquer un petit bout du chromosome 1. Parfois, il existe

un bout en plus sur le chromosome 17. Parfois encore, on

retrouve un gène qui se trouve sur le chromosome 2 copié à

plusieurs exemplaires et que l’on appelle gène MYCN*. Mais

nous ne connaissons pas encore les

raisons pour lesquelles ces anomalies

génétiques apparaissent.

Le bout en plus du chromosome 17,

le bout en moins du chromosome 1 et

les copies du gène MYCN sur le chromosome

2 favorisent la multiplication des

cellules de neuroblastome.

46 chromosomes

Gène MYCN amplifié

au niveau du noyau

7

Le Diagnostic

8

Cette partie du document doit vous permettre de repérer les étapes

nécessaires au diagnostic* du neuroblastome et de mieux comprendre

les différents examens et consultations que le médecin peut proposer.

Le diagnostic est la démarche qui permet de reconnaître la maladie

dont votre enfant souffre, de savoir si c’est un cancer ou non. Si c’est

un cancer, le médecin doit déterminer de quel type de cancer il s’agit,

quelle en est la gravité. Le médecin a donc besoin d'informations

complètes avant de proposer un traitement.

Le diagnostic permet d’identifier la maladie à l’origine des

signes* ou des symptômes* que présente l’enfant. Toutefois,

les signes et les symptômes qui amènent les parents à

consulter leur médecin ne sont pas toujours particuliers au

neuroblastome et peuvent faire penser à d’autres maladies.

En effet, il s’agit généralement de maux de ventre, de

douleurs dans les jambes ou au niveau des articulations, de

fatigue ou de fièvre. Parfois, la présence d’un hématome

apparu autour des deux yeux oriente le médecin vers

un diagnostic de neuroblastome. Dès que l’on suspecte

fortement un neuroblastome, votre enfant est confié à une

équipe spécialisée qui va procéder à un bilan*.

Le délai entre la découverte de quelque chose d'anormal et

le début d'un traitement peut sembler très long. Ce délai est

indispensable afin de réaliser un ensemble d’examens. Les

informations obtenues vont permettre d’établir un

diagnostic exact et précis. Celui-ci permet d’élaborer ensuite

un programme, c'est-à-dire de proposer le meilleur traitement

adapté à l’enfant ainsi qu’à sa maladie et la meilleure

façon de le réaliser.

2.1 Le bilan : quels sont les examens pratiqués

pour établir un diagnostic ?

2.1.1 L’EXAMEN CLINIQUE

Le médecin interroge les parents sur la santé de l’enfant

Comment savoir si c’est un neuroblastome ? 2

depuis sa naissance (maladies, accidents, etc.), ce qu’on

appelle les antécédents.

Le médecin interroge les parents et l’enfant pour connaître

l’histoire de la maladie, leur demande la façon dont les

signes* et les symptômes* sont apparus.

Ensuite, le médecin examine l’enfant afin de rechercher

d’éventuels signes anormaux : boule, hématome, endroit

douloureux, difficulté à bouger les membres, etc.

L’examen clinique permet de voir quels sont les autres

examens à réaliser.

Généralement, le bilan comprend : •des examens par prélèvements* (sang, urines), •différents examens radiologiques* qui ont pour but de

bien situer la tumeur, ses limites et sa taille (scintigraphie*,

échographie* et/ou scanner* et/ou IRM*), •des examens au microscope que l’on appelle examens

anatomo-pathologiques* : un fragment de la tumeur* et un

peu de moelle des os* sont observés au microscope. Ce

sont ces examens qui permettent de découvrir exactement

de quel type de tumeur il s’agit.

2.1.2 LES EXAMENS RADIOLOGIQUES

Les examens radiologiques et scintigraphiques ont pour

but de localiser la tumeur et de vérifier si elle s’est propagée

à d’autres parties du corps.

Les examens radiologiques et scintigraphiques montrent

des images de l’intérieur du corps. Ces examens sont

importants car grâce aux images obtenues, il est possible de

localiser exactement la tumeur et de déterminer si elle gêne

les organes et/ou les vaisseaux sanguins qui sont à proximité.

Ces examens permettent également de savoir si la tumeur

peut être enlevée totalement par chirurgie. Si ce n’est pas le

cas, les images montrent où il est possible d’effectuer un

prélèvement sur la tumeur afin de l’identifier.

Certains examens peuvent être faits rapidement, comme : •une échographie de l’abdomen, •une radiographie* des poumons.

9

10

D’autres examens nécessitent plus de préparation de

l’enfant. Ils demandent plus de temps.

C’est le cas du : •scanner ou de l’IRM, •de la scintigraphie.

Chez l’enfant de moins d’un an, une radiographie du

squelette entier peut être demandée.

2.1.2.1 L’échographie

L’échographie est un examen réalisé avec une sonde (sorte de

gros crayon) reliée à un écran de télévision et à un ordinateur.

Cette sonde envoie des ultrasons qui permettent de regarder

l’intérieur du corps à travers la peau. Cet examen est identique

à celui qui permet de voir l’enfant dans le ventre de la mère lors

d’une grossesse. Ces ultrasons sont arrêtés par l’air ou par les

os. L’échographie ne permet donc pas de tout voir.

L’enfant est allongé sur un lit. Le médecin radiologue passe

un produit sur la partie du corps de l’enfant à examiner. Ce

produit est un gel qui permet à la sonde de mieux glisser sur

la peau et de faciliter l’observation.

Cet examen n’est pas douloureux. Il nécessite souvent que l’enfant

soit à jeun. Sa durée est d’environ quinze minutes.

2.1.2.2 Le scanner

Le scanner est un gros anneau relié à un ordinateur

qui permet d’examiner avec précision

certaines parties du corps de l’enfant grâce à

des rayons X : le thorax, le ventre ou le crâne

par exemple.

L’enfant est installé sur un lit mobile qui se

déplace lentement à l’intérieur de l’anneau. Le

manipulateur est placé derrière une vitre

et explique à l’enfant ce qui se passe. Une

injection est faite au cours de l’examen.

Elle permet de mieux voir les vaisseaux sanguins. Au fur et à

mesure que le lit de l’enfant passe dans l’anneau, des photos

sont prises : elles apparaissent petit à petit sur l’écran.

Cet examen nécessite une piqûre mais n’est pas douloureux par la suite.

Scanner

Scintigraphie

ou mIBG

L’enfant doit être à jeun. Sa durée est d’environ une

demi-heure.

2.1.2.3 La scintigraphie

La scintigraphie permet de voir où

s’accumule un produit radioactif. Pour le

neuroblastome, le produit est la mIBG.

L’enfant est allongé sur un lit. Le produit lui est injecté par

piqûre la veille de l’examen. Grâce à une caméra spéciale

(gamma caméra), l’appareil qui se déplace autour de l’enfant

obtient des images des zones où le produit s’est accumulé.

Cet examen nécessite une piqûre mais n’est pas douloureux par la

suite. Sa durée varie de quinze minutes à une heure, parfois plus. Il

faut pouvoir rester immobile.

2.1.2.4 L’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique)

L’appareil qui permet de réaliser une IRM est une sorte

de tunnel relié à un ordinateur. L’IRM utilise un champ

magnétique. Elle permet d’observer avec précision le crâne, le

thorax ou l’abdomen. Un manipulateur installe l’enfant sur

un lit mobile. Il lui place sur la tête une sorte de casque de

cosmonaute qui enregistre le signal émis par le corps. Le lit

va se positionner lentement à l’intérieur du tunnel. Pendant

tout l’examen, il est recommandé de ne pas bouger car les

images seraient très floues. Comme pour le scanner, il

ne faut pas s’impatienter : l’ordinateur met du temps à

afficher les images qui ont été prises. La machine fait

du bruit comme un marteau piqueur, mais l’enfant peut

écouter de la musique avec un casque.

Cet examen nécessite une piqûre mais n’est pas douloureux par la

suite. Sa durée varie entre une demi-heure et trois quarts d’heure.

L’enfant doit rester immobile. Pour cela, un médicament donné

avant l’examen permet de le calmer.

2.1.3 LES EXAMENS PAR PRÉLÈVEMENTS (URINES, SANG)

2.1.3.1 L’examen des urines

Les catécholamines sont des substances que l’on trouve

normalement à des taux très faibles dans l’organisme.

11

12

Dans la majorité des neuroblastomes, la production de ces

catécholamines augmente fortement. Elles sont éliminées

par les urines de l’enfant. L’analyse des urines permet donc

de déterminer si le taux de catécholamines est trop élevé. Si

c’est le cas, on peut fortement soupçonner que la tumeur

est un neuroblastome. Trois types de catécholamines sont

dosés : l’acide homovanilique (HVA), l’acide vanylmandilique

(VMA) et la Dopamine. L’analyse de ces

substances dans les urines nécessite de recueillir les urines

de l’enfant durant vingt-quatre heures.

2.1.3.2 L’examen de sang

Les prises de sang permettent seulement de juger de la

façon dont les organes de l’enfant fonctionnent (le foie et

le rein en particulier). Rien dans le sang ne permet de

diagnostiquer un neuroblastome.

2.1.3.3 L’examen des cellules de neuroblastome :

l’examen anatomo-cyto-pathologique.

L’examen anatomo-cyto-pathologique* est indispensable car

c’est le seul qui garantit le diagnostic, autrement dit, qui

permet d’identifier la tumeur avec exactitude.

Qu’est-ce qui est nécessaire à cet examen ?

En vue de l’examen, un échantillon de la tumeur* est prélevé

par le radiologue ou par le chirurgien. Ce prélèvement se fait

habituellement sous anesthésie générale* (l’enfant est

complètement endormi).

On procède en même temps à des prélèvements dans la

moelle osseuse (organe qui fabrique le sang). Ce sont des

biopsies ostéo-médullaires* et des myélogrammes*. Les experts

internationaux se sont mis d’accord pour effectuer au

minimum deux biopsies ostéo-médullaires et quatre

myélogrammes.

Que fait le médecin chargé des examens anatomo-pathologiques ?

L’examen anatomo-pathologique, souvent abrégé en "anapath",

consiste à analyser au microscope un échantillon de la tumeur.

L’addition de certains produits colore les cellules* cancéreuses

qui sont ainsi repérables au microscope.

Cet examen est effectué par un médecin anatomo-pathologiste.

Le médecin anatomo-pathologiste confie des

échantillons au biologiste pour étudier les anomalies

de l’ADN (constituant essentiel des

chromosomes* de la cellule) des cellules cancéreuses.

Il examine notamment les anomalies du

gène MYCN*. Cela permet de savoir comment

s’attaquer aux cellules et de choisir ainsi au

mieux le traitement.

Le médecin anatomo-pathologiste examine également les

deux biopsies osseuses et les quatre myélogrammes. Ces

examens permettent de savoir si des cellules cancéreuses se

trouvent dans la moelle osseuse. Il faut savoir qu’on ne traite

jamais un enfant lorsqu’on ne fait que soupçonner un

neuroblastome, sauf certaines urgences. Un traitement ne

débute que lorsque le diagnostic de neuroblastome est

confirmé par l’examen anatomo-pathologique et que le

bilan complet a montré si cette tumeur était localisée ou si

des métastases* existaient.

Ces examens font partie des méthodes reconnues par

l’ensemble des experts. Ce sont des standards*.

2.2 Les différents types de neuroblastome

Les travaux de recherche permettent actuellement de

distinguer trois neuroblastomes différents : •une maladie qui peut guérir toute seule ou avec un

traitement très léger, •une maladie souvent guérissable avec un traitement adapté, •une troisième maladie très agressive plus difficile à guérir

et qui nécessite un traitement beaucoup plus fort.

L'âge de l'enfant lors du diagnostic (soit inférieur à un an,

soit égal ou supérieur à un an), le caractère localisé ou

13

Examen

de la tumeur

au microscope

14

disséminé et les anomalies du gène MYCN, suffisent actuellement

pour choisir le traitement le plus adapté en fonction

du neuroblastome.

2.2.1 COMMENT SONT CLASSÉS LES NEUROBLASTOMES ?

Différentes classifications des neuroblastomes ont été

établies, variables selon les pays. Ces classifications ont

pour but de distinguer les différents types de neuroblastomes,

afin d’adapter le traitement. En 1993, des spécialistes européens

et américains ont décidé de proposer une classification

internationale qui doit permettre de comparer les

résultats des différents traitements. Cette classification

porte le nom d’International Neuroblastoma Staging

System (INSS*). La classification TNM renseigne sur la taille

de la tumeur (T), le nombre de ganglions* atteints (N : en

anglais ganglion se dit "Node") et enfin, sur la présence ou

non de métastases* (M). Les classifications TNM et l'INSS

sont les deux classifications utilisées en Europe.

Quelle que soit la classification employée, l’important est de

savoir si la tumeur est métastatique (disséminée) ou non :

•si les cellules sont restées à l’intérieur de la tumeur primitive

et ne sont pas allées vers d’autres organes ou d’autres

régions du corps, on parle de neuroblastome localisé ;

•si certaines cellules ont quitté la tumeur, on parle de

neuroblastome disséminé.

Les neuroblastomes disséminés ou métastatiques correspondent

aux neuroblastomes dont certaines cellules ont quitté la

tumeur. Les cellules ont envahi d’autres organes ou régions

du corps notamment la moelle osseuse* et les os. C’est le cas

pour cinq enfants sur dix lorsque le neuroblastome est

découvert après l’âge d’un an. Cette dissémination n’est

pas due à un retard de diagnostic, mais aux caractéristiques

spécifiques de certains neuroblastomes.

15

EN RÉSUMÉ

Le neuroblastome est un cancer de l’enfant qui se

développe généralement avant 6 ans.

C’est un cancer qui doit être pris en charge dans des

centres spécialisés dans les traitements des cancers de

l’enfant. Dès lors que l’on soupçonne un neuroblastome,

des examens doivent être réalisés. Ce sont : •une analyse des urines, •des examens radiologiques (échographie abdominale,

scanner, scintigraphie ou IRM), •un examen de la tumeur et de la moelle osseuse, •un examen du noyau des cellules pour étudier ses

anomalies et le gène MYCN en particulier.

On peut alors identifier le type de neuroblastome et

adapter le traitement.

16

Différents traitements sont possibles pour soigner

un enfant qui présente un neuroblastome. Chacun de ces

traitements est bien connu par les centres spécialisés

des cancers de l’enfant. Afin de déterminer le traitement

adapté, efficace et présentant le moins de risques pour

l’enfant, plusieurs spécialistes (médecin radiologue,

chirurgien, radiothérapeute, pédiatre cancérologue)

se concertent. La décision est donc multidisciplinaire.

La coordination entre chacun est essentielle pour assurer à

l’enfant les meilleures chances de guérison. C’est le pédiatre

cancérologue qui organise cette coordination.

3.1 Quels sont les différents traitements possibles ?

Il n’existe pas de traitement universel. Les traitements sont

proposés dans le cadre de la recherche scientifique. C’est la

seule voie connue pour soigner au mieux les enfants. Les

études scientifiques ont déterminé les meilleurs traitements

pour chaque type de neuroblastome en fonction de l’âge

de l’enfant. Les protocoles, qui décrivent de façon précise

les conditions et le déroulement du traitement, sont

nationaux et parfois internationaux.

On distingue deux types de traitements possibles :

•les traitements loco-régionaux : la tumeur* est enlevée ou

détruite directement à l’endroit où elle se trouve. Les traitements

loco-régionaux sont la chirurgie et la radiothérapie* ;

•les traitements généraux. Ce sont des traitements qui

agissent dans tout l’organisme de l’enfant, à la fois sur

la tumeur et là où peuvent se trouver les métastases*. C’est

le cas de la chimiothérapie*.

Traitements Quels sont les moyens pour lutter contre

un neuroblastome ?

3

3.1.1 LA CHIRURGIE

La chirurgie est une arme importante pour le traitement du

neuroblastome. Le but de ce traitement local est d’enlever

la tumeur. La chirurgie devra être la plus complète possible,

c’est-à-dire ôter dans la mesure du possible la totalité de la

tumeur, sans prendre de risques vitaux pour l’enfant.

Les différentes images radiologiques (scanner ou IRM*)

obtenues lors du bilan diagnostique* permettent d’évaluer les

risques de la chirurgie.

3.1.2 LA RADIOTHÉRAPIE

Comme la chirurgie, la radiothérapie* est un traitement locorégional

du cancer : elle permet d’éliminer directement

la tumeur à l’endroit où elle se trouve. Cette technique

consiste à utiliser des rayons* (appelés rayons X ou photons)

qui vont atteindre la tumeur, abîmer les

cellules cancéreuses et les rendre incapables

de se diviser. Si les cellules ne peuvent plus se

diviser, elles disparaîtront.

La radiothérapie est utilisée depuis longtemps

pour traiter les cancers. Dans le cas précis

du neuroblastome, les études scientifiques

internationales ont montré l’efficacité de ce

traitement. La décision de faire ou non

une radiothérapie dépend du type et du stade de neuroblastome

ainsi que de l'âge de l’enfant. La radiothérapie

entraîne chez le petit enfant des troubles de croissance et

cette complication joue un rôle dans le choix du traitement.

3.1.3 LA CHIMIOTHÉRAPIE

La chimiothérapie consiste à traiter le cancer* par des

produits chimiques : les médicaments. Ces médicaments

sont appelés médicaments anti-tumoraux (contre la

tumeur) ou anticancéreux (contre le cancer). Ces

médicaments agissent par voie générale, c'est-à-dire qu’ils

ont un effet à la fois sur la tumeur et dans l'ensemble du

corps. Ces médicaments sont introduits dans des veines par

l’intermédiaire d’un tuyau appelé cathéter* ou chambre

implantable selon sa forme. Le but de ces médicaments est

de détruire les cellules cancéreuses quel que soit l’endroit

où elles se trouvent, et d’empêcher leur division, ce qui va

provoquer leur disparition.

17

Séance

de radiothérapie

18

Les médicaments de chimiothérapie sont nombreux.

L’action d’un médicament utilisé seul peut ne pas être

suffisante. C’est pourquoi ils sont associés entre eux : cela

permet d’augmenter leur efficacité. Les combinaisons

de plusieurs médicaments de chimiothérapie

composent ce qu’on appelle des protocoles

de chimio-thérapie. Ces protocoles de chimiothérapie

sont particuliers à chaque cancer. Ils

sont établis en fonction de leur efficacité sur le

cancer et de leurs effets toxiques sur l’organisme

(ils peuvent en effet provoquer des effets

secondaires* ou des séquelles*). Les doses de ces

médicaments sont ensuite calculées en fonction

du poids de l’enfant et de sa taille.

Le neuroblastome est une tumeur "chimiosensible",

c’est-à-dire que les chimiothérapies

peuvent la faire diminuer de volume.

Les principaux médicaments utilisés sont : •le cyclophosphamide ; •la doxorubicine (produit rouge) ; •l’étoposide ; •les sels de platine ; •la vincristine.

Si la chimiothérapie est toxique pour la tumeur, elle entraîne

des effets secondaires tels que des nausées et vomissements,

une alopécie (perte de cheveux temporaire), une

aplasie* et parfois, en fonction des médicaments et doses

administrés, une stérilité définitive.

3.2 Selon quels critères choisit-on les différents

traitements ?

Différents traitements sont possibles pour soigner un

enfant atteint d’un neuroblastome. Le choix de ces

traitements dépend : •de l’âge de l’enfant (moins ou plus d’un an) ; •du stade de neuroblastome (localisé ou disséminé) ; •des anomalies de la cellule du neuroblastome (copies du

gène MYCN* ou non).

3

2

1

4

1. Chambre

2. Pansement

post-opératoire

3. Cathéter

sous-cutané

4. Cathéter

intraveineux

Chambre

implantable

et cathéter

Ce neuroblastome disséminé du jeune enfant est appelé 4 S,

“S” comme spécial, à cause de sa présentation particulière.

Cette forme particulière de neuroblastome disséminé

atteint le plus souvent les enfants de moins de 6 mois. C’est

le foie qui est le plus fréquemment touché par les métastases

du neuroblastome. Il existe deux situations différentes

en fonction des signes et des symptômes que présente l’enfant

: •Soit l’enfant a des symptômes ou des signes graves (très

gros ventre, gêne pour respirer, etc…) : cette forme de

neuroblastome est une forme dite “bruyante”. Il convient

alors de proposer rapidement un traitement par chimiothérapie*

tout en adaptant les doses au poids de l’enfant.

Une légère radiothérapie sur le foie est parfois nécessaire ;

•Soit il n’y a pas de symptôme ou de signe grave : c’est la

forme “calme”. Ces enfants sont alors à surveiller très

attentivement. En effet, il arrive que le neuroblastome

disparaisse spontanément sans avoir besoin de procéder

au moindre traitement. Parfois, cette forme “calme”

peut devenir “bruyante” et nécessite alors un traitement.

Dans tous les cas, ces enfants doivent être surveillés et traités

dans un service de cancérologie pédiatrique. Il est préférable

d’effectuer une chirurgie sur la première tumeur

(la tumeur primitive) quand les métastases ont diminué.

3.3 Est-il possible de dépister un neuroblastome ?

Le dépistage consiste à pratiquer des examens dans le but

de rechercher une maladie (un cancer par exemple) à un

stade très précoce. Dans le cas du neuroblastome, le fait

que l’on puisse trouver des catécholamines (HVA,

VMA) dans les urines de l’enfant est un moyen de dépistage

possible.

19

20

RÉSUMÉ

Trois moyens sont disponibles pour lutter contre le neuroblastome

: • la chirurgie, • la radiothérapie, • la chimiothérapie.

Le choix de ces traitements dépend : • de l’âge de l’enfant (avant ou après l’âge d’un an), • du stade du neuroblastome (localisé ou disséminé), • de la biologie du neuroblastome (copies

du MYCN ou non).

Dans le cas du neuroblastome 4S, l’état clinique de votre

enfant guidera la mise en route du traitement en une simple

surveillance au départ. Cette surveillance est faite par l’équipe

qui vous a pris en charge. La chimiothérapie et la chirurgie

sont les “armes” utilisées pour le traitement s’il est nécessaire.

La radiothérapie peut parfois compléter le traitement

en cas de nécessité.

Un dépistage systématique a été effectué dans le cadre très

particulier de la recherche médicale. Ainsi, des spécialistes

ont réalisé des études au Japon, en France à Lyon et au

Canada. Ces études n’ont pas permis de montrer un avantage

au dépistage systématique. En effet, ce dépistage n’a

découvert que des neuroblastomes qui guérissent tout

seuls, sans qu’aucun traitement soit nécessaire. Il n’a pas

permis de diminuer pour autant le nombre de neuroblastomes

pour lesquels un traitement est indispensable.

Une conférence de consensus à Lyon, en 1998, a réuni les

experts internationaux du neuroblastome. Le jury de cette

conférence a conclu que le dépistage du neuroblastome

avant l’âge de 6 mois ne présente pas d’avantage.

21

En cancérologie vous entendez parler de rémission complète

qui correspond à une étape indispensable sur le chemin de

la guérison. Ceci signifie que les examens à notre disposition

actuellement ne permettent plus de déceler la maladie.

En effet, nous ne pouvons pas savoir s’il reste des cellules

cancéreuses (au niveau microscopique). C’est pour cela

qu’une surveillance attentive de l’enfant est effectuée.

Les chiffres qui sont donnés ci-dessous proviennent d’études

scientifiques réalisées sur beaucoup d’enfants atteints par

un neuroblastome. Il ne s’agit que de chiffres indicatifs.

Dans le cas particulier du neuroblastome 4S, on guérit

entre 75 % et 85 % des enfants.

Les résultats Quelles sont les chances de guérison ? 4

22

La surveillance a pour but de : •déceler le plus tôt possible une éventuelle rechute* afin de

reprendre rapidement un traitement destiné à guérir

l’enfant ; •rechercher d’éventuelles complications liées aux traitements

qui ont été effectués.

La surveillance Les traitements sont terminés, que faut-il faire ? 5

23

Glossaire Ce glossaire concerne spécifiquement l’explication des termes en rapport

avec le présent document "Comprendre le neuroblastome".

Un dictionnaire plus complet sur l’ensemble des cancers figure dans le livre

"Les cancers de A à Z". Ce dictionnaire est disponible sur le site internet de

la Fédération Nationale des Centres de Lutte Contre le Cancer

(www.fnclcc.fr) et également chez l’éditeur à l’adresse suivante : Editions

FRISON-ROCHE - 18, rue Dauphine - 75006 Paris - Tél. 01.40.46.94.91.

* : voir ce mot

A

Anatomo-cyto-pathologie : examen au microscope de cellules* (cytologie) ou de

tissus* (histologie) de l’organisme.

La cytologie* et l'histologie* sont les deux techniques de l'examen anatomo-cytopathologique.

L’histologie établit de façon sûre le diagnostic* de cancer. De plus,

cet examen permet de déterminer le type de cancer dont il s’agit.

Anatomo-pathologiste : médecin spécialiste qui examine des cellules et des

tissus au microscope.

Anesthésie : acte qui consiste à endormir et rendre insensible le patient

(anesthésie générale) ou une partie du corps (anesthésie locale ou partielle)

pendant une intervention chirurgicale.

Aplasie : très forte diminution des globules blancs, accompagnée d’une baisse

des autres éléments du sang (globules rouges et plaquettes). C’est un effet

secondaire, temporaire, de certains médicaments de chimiothérapie*.

B

Bilan : un bilan évalue l’état de santé d’une personne. Au terme de ce bilan,

le médecin dispose de renseignements qui lui permettent de proposer un

traitement adapté à la situation.

Le bilan diagnostique a pour but de déterminer s'il s'agit bien d'un cancer et

d'identifier le type de cancer. Le bilan d'extension recherche l’étendue du cancer

et la présence ou non de métastases* dans d'autres organes.

Biopsie ostéo-médullaire : prélèvement de la moelle des os qui est analysé au

microscope. Ce prélèvement est réalisé par un médecin et se fait sous anesthésie*

générale.

6

24

C

Cancer/Tumeur maligne : cellules anormales qui se multiplient de façon

incontrôlée. Elles finissent par former une masse qu’on appelle tumeur maligne.

Cathéter : tuyau souple et fin introduit dans une veine afin d’y injecter un

produit ou des médicaments, ou pour faire une prise de sang.

Le cathéter améliore le confort de l’enfant qui n’a pas besoin de subir une

piqûre à chaque injection. Il diminue le risque d’abîmer les veines et facilite les

perfusions de chimiothérapie*.

Cellule : élément visible au microscope dont est constitué tout organisme vivant.

Plantes et animaux sont composés de cellules très différentes qui se multiplient,

meurent et se renouvellent.

Des cellules identiques assemblées entre elles forment un tissu*.

Les cellules cancéreuses sont des cellules qui se sont modifiées et se multiplient

de façon anormale. Voir cancer*.

Chimiothérapie (Chimio) : traitement général du cancer* à l’aide de médicaments.

Les médicaments anticancéreux visent à détruire les cellules* cancéreuses

ou à les empêcher de se multiplier, entraînant leur mort. Ces médicaments peuvent

être administrés par piqûres ou perfusions ou parfois sous forme de comprimés.

Chromosome : les chromosomes sont de petits bâtonnets situés dans le noyau

de la cellule, contenant l’ensemble des gènes.

Cytaphérèse : technique qui permet de prélever dans le sang des cellules

(cellules souches) qui pourront venir se loger dans la moelle osseuse* et refabriquer

à nouveau du sang.

D

Diagnostic : c’est la démarche qui identifie la maladie à l'origine des signes* ou

des symptômes* ressentis ou observés par le patient. Le diagnostic permet de

reconnaître la maladie dont l’enfant souffre. Voir bilan*.

E

Echographie : technique d'examen qui montre des images d'une partie du corps

ou de certains organes à l’aide d’ultrasons. Il s’agit d’un examen d'imagerie.

Effet secondaire : les traitements ont pour but de soigner le cancer*. Parfois, ils

entraînent des conséquences désagréables pour le malade qu’on appelle des

effets secondaires. Il y a deux types d’effets secondaires : les effets secondaires

immédiats et les effets secondaires tardifs.

Les effets secondaires immédiats sont des effets à court terme : nausées, perte

de cheveux, etc. Temporaires, ils disparaissent généralement après la fin des traitements.

Les effets secondaires tardifs sont des effets à long terme et peuvent persister

25

longtemps après l’arrêt des traitements, parfois jusqu’à la fin de la vie. Ils sont

alors appelés séquelles.

Si les effets secondaires sont fréquents, ils n’apparaissent pas de façon obligatoire

ni systématique. Ils dépendent des traitements reçus, des doses administrées, du

type de cancer* et de la façon dont chacun réagit aux traitements.

Examen radiologique : examen qui permet d’obtenir des images d’une partie du

corps ou des organes. Il s’agit d’un examen d'imagerie. Il existe différents types

d’examens radiologiques : échographie*, scanner*, IRM*, scintigraphie*).

G

Ganglion : les ganglions sont de petits renflements répartis le long des vaisseaux

lymphatiques* et disposés dans certaines parties du corps.

Les ganglions jouent un rôle essentiel dans la protection du corps contre les

infections ou les cellules* cancéreuses. Ils sont soit superficiels (dans le cou,

l’aisselle, l’aine), soit profonds (dans l’abdomen, le thorax). Ils mesurent normalement

moins d‘un centimètre de diamètre.

Gène : petite partie d’un chromosome* comportant une information indispensable

au fonctionnement de la cellule.

I

INSS (International Neuroblatoma Staging System) : classification internationale

qui différencie les neuroblastomes par stade (1 à 4) selon le type de la tumeur et

ses caractéristiques (taille, opérabilité et dissémination vers d’autres organes).

IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) : technique d’examen qui montre

des images d’une partie du corps ou des organes. Cette technique d’imagerie

repose sur la différence de magnétisme des tissus.

L

Lymphatique (système lymphatique) : le système lymphatique est composé

d'un ensemble de ganglions* et de vaisseaux lymphatiques.

Les ganglions jouent un rôle essentiel dans la protection de l’organisme contre

les infections ou les cellules* cancéreuses.

M

Métastase : migration (on dit aussi dissémination ou propagation) de cellules*

cancéreuses qui proviennent d'une tumeur primaire et qui se développent dans

un autre organe. On parle aussi de maladie métastatique ou de localisation

secondaire du cancer.

26

Moelle osseuse : substance se trouvant à l’intérieur des os qui produit les différentes

cellules du sang (globules rouges qui transportent l’oxygène, globules blancs qui

défendent l’organisme contre les infections et plaquettes qui arrêtent les saignements

et permettent la cicatrisation).

N

 (Gène MYCN) : petite partie du chromosome* n°2. Ce gène a un rôle dans

la division de la cellule. Quand il est copié en plusieurs exemplaires, la division

s’accélère.


Ponction/Prélèvement : ce geste consiste à introduire une aiguille dans une partie

du corps afin de prélever du tissu*, des cellules*, du liquide ou du sang, en

fonction du type d’analyses à réaliser.

En cas de prélèvement de cellules, on parle de ponction cytologique ; en cas de

prélèvement de tissu, on parle de biopsie*.

Prélèvement : Voir ponction*.

Radiographie : technique d'examen qui permet d’obtenir des images d'une

partie du corps à l’aide de rayons X. Il s’agit d’un examen d'imagerie.

Radiothérapie : traitement local du cancer* à l’aide d’un appareil qui émet des

rayons. Ces rayons dirigés vers la tumeur vont la détruire.

Ce traitement se fait dans un service spécialisé de radiothérapie. On parle aussi

de rayons.

Rayons : voir radiothérapie*.

Rechute/Récidive : réapparition des signes ou des symptômes* signalant la

présence du cancer. Cette réapparition peut survenir très tôt après les

traitements, mais aussi après une longue période de guérison apparente.

Récidive : voir rechute*.

Rémission : diminution, voire disparition des signes* ou des symptômes du

cancer.


Scanner : technique d’examen qui permet d’obtenir des images du corps en

coupes, à l’aide de rayons X. Il s’agit d’un examen d’imagerie.

27

Scintigraphie : technique d’examen qui montre des images du squelette osseux

ou de la tumeur. Cette technique d’imagerie utilise des produits faiblement

radioactifs qui, une fois injectés, se fixent sur les tissus osseux.

Séquelle : voir effet secondaire*.

Signe/Symptôme : manifestation anormale observée par le patient ou par le médecin.

Standard : un traitement est un standard lorsqu’il a été validé par des essais

thérapeutiques. Ces études ont montré que, pour une même situation, les bénéfices

de ce traitement sont clairement supérieurs à ceux des autres traitements.

Le traitement standard est proposé de façon systématique dans une situation

donnée. Il peut arriver que le médecin ne puisse pas appliquer le traitement

standard du fait de facteurs particuliers à l’enfant ou à sa maladie. Le médecin

propose alors un ou plusieurs traitements mieux adaptés à la situation.

Sternum : os plat situé en avant de la cage thoracique.

Système nerveux autonome : système nerveux qui dirige certaines fonctions

automatiques du corps. Ce système nerveux est constitué de deux parties : le

système parasympathique et le système sympathique. C’est dans le

système nerveux sympathique que peut se développer un neuroblastome.

T

Thorax : partie du corps dans laquelle se logent le coeur et les poumons, sous

les côtes et le sternum*.

Tissu : ensemble de cellules identiques qui ont une même fonction (tissu

musculaire, tissu osseux par exemple).

Tumeur : voir cancer*.

 

Un guide à l’usage de l’enfant, des parents et des familles.
Ce guide présente des informations sur le neuroblastome.
Ces informations sont destinées aux parents d’enfants
malades et à leur entourage. Il tente d'expliquer, avec des
mots que nous avons souhaités simples et clairs, ce que les
médecins savent actuellement du neuroblastome, de son
diagnostic et de ses traitements.
Pour les enfants de moins de 6 ans atteints de neuroblastome,
une bande dessinée intitulée “Raconte-moi le neuroblastome”
a été réalisée. Cette bande dessinée pourra être
lue par leur médecin ou leur parents.
Le guide “Comprendre le neuroblastome” a pour objectif
d’aider les parents d’enfants atteints de neuroblastome à
mieux comprendre cette maladie. Il doit leur permettre de
mieux suivre les différentes étapes du diagnostic, des traitements
et de la surveillance de leur enfant. Comprendre peut
aider à mieux vivre la maladie, les hospitalisations et les
traitements qui vont être proposés.
Sans remplacer les relations individuelles et personnelles
établies avec le médecin, ce guide est là pour aider les
parents à communiquer plus facilement avec lui. Un des
objectifs est de les aider à mieux poser leurs questions. En
effet, il est parfois difficile de formuler ce que l’on souhaite
dire. Ce guide peut permettre de retenir plus facilement
les explications du médecin, ainsi que celles de l’équipe
médicale. Le médecin ne sait pas toujours quelles sont les
attentes des parents, leurs questions, leurs difficultés ou
leurs inquiétudes. Il ne faut pas que les parents hésitent à
poser toutes les questions qui les préoccupent. Le médecin
fera son possible pour leur répondre et pourra les orienter
vers d’autres personnes si nécessaire.
Ces informations peuvent également être consultées à
domicile, ce qui permet d’en discuter avec des membres de
la famille ou de l’entourage. Chaque chapitre de ce guide se
lit indépendamment. Il peut être consulté en fonction des
préoccupations et des différents moments de la maladie de
l’enfant.
Un glossaire, situé à la fin du document explique le
vocabulaire médical souvent utilisé par l’équipe soignante.
Les mots qui se trouvent dans le glossaire sont accompagnés
d’un astérisque dans le texte.
Ce guide est issu du projet SOR SAVOIR PATIENT
(Standards, Options et Recommandations pour le Savoir
des Patients), projet mené par la Fédération Nationale des
Centres de Lutte Contre le Cancer (FNCLCC) et les
20 Centres de Lutte Contre le Cancer, en collaboration avec
la Ligue Nationale Contre le Cancer. Ce projet s’intègre
dans une démarche d’amélioration de la qualité des soins
des enfants atteints de cancer.
Les informations médicales de ce guide sont extraites
d’un document scientifique élaboré par des experts spécialistes
du neuroblastome, de la SFOP (Société Française
d’Oncologie Pédiatrique) : les Standards, Options et
Recommandations (appelés SOR). Ces SOR, destinés aux
spécialistes, résument les résultats des recherches publiées
dans les revues scientifiques dans le domaine du cancer.
Les SOR, écrits pour des médecins, sont disponibles, soit
sous forme d’un livret auprès de l’éditeur, soit sur
le site Internet de la FNCLCC (101, rue de Tolbiac 75013
PARIS - Tél : 01 44 23 04 04 - www.fnclcc.fr).
Le guide "Comprendre le neuroblastome" est une version
adaptée de ces SOR médicaux. Il s’agit d’une "traduction"
en langage non scientifique, réalisée par une équipe
pluri-disciplinaire (cf. membres du groupe de travail). Ce
guide a été ensuite adapté en fonction des besoins exprimés
par des parents d’enfants malades. L’ensemble des informations
médicales présentées dans ce guide a été validé
par des médecins spécialistes du neuroblastome (cf. liste
des relecteurs).
3
4
Membres du groupe de travail
C. Bergeron, Centre Léon Bérard, Lyon (oncocologue pédiatre, coordonnateur
du groupe de travail) ; J. Carretier, FNCLCC, Paris (chargé de mission
en santé) ; V. Delavigne, Université de Rouen, Mont Saint Aignan (linguiste) ;
F. Demma, Lyon (infirmière) ; E. Esteves, FNCLCC, Paris (secrétaire) ;
B. Fervers, FNCLCC, Paris (oncologue médicale, coordinatrice des SOR) ;
L. Leichtnam, FNCLCC, Paris (chargée de mission en santé) ; T. Philip,
Centre Léon Bérard, Lyon (Pédiatre, Président de la FNCLCC et Directeur des
SOR) ; M. Véron, FNCLCC, Paris (cadre infirmier).
Relecteurs
C. Carrie, Centre Léon Bérard, Lyon ; V. Combaret, Centre Léon Bérard, Lyon ;
O. Hartmann, Institut Gustave Roussy, Villejuif ; H. Rubie, Hôpital des
Enfants, Toulouse ; P. Thiesse, Centre Léon Bérard, Lyon ; membres du bureau
de la SFOP.
Membres du comité d’organisation des SOR
A. Bataillard, FNCLCC, Paris (médecin généraliste, méthodologiste) ;
P. Bey, Centre Alexis Vautrin, Vandoeuvre-les-Nancy (radiothérapeute, membre
du Bureau exécutif) ; M.P. Blanc-Vincent, FNCLCC, Paris (pharmacien,
responsable méthodologiste) ; J. Carretier, FNCLCC, Paris (chargé de
mission en santé, méthodologiste) ; S. Debuiche, FNCLCC, Paris (chargée de la
gestion administrative et logistique) ; V. Delavigne ; Université de Rouen, Mont
Saint Aignan (linguiste) ; F. Farsi, Centre Léon Berard, Lyon (médecin de Santé
Publique, méthodologiste associée) ; B. Fervers, FNCLCC, Paris (oncologue
médicale, coordinatrice des SOR) ; G. Gory-Delabaere, FNCLCC, Paris
(pharmacien, méthodologiste) ; S. Guillo, FNCLCC, Paris (documentaliste) ;
H. Hoarau, Institut Bergonié (anthropologue) ; L. Leichtnam, FNCLCC, Paris
(chargée de mission en santé, méthodologiste) ; E. Luporsi, Centre Alexis Vautrin,
Vandoeuvre-les-Nancy (oncologue médicale, méthodologiste associée) ; T. Philip,
Centre Léon Bérard, Lyon (pédiatre, directeur des SOR, membre du Bureau
exécutif) ; J.L. Renaud-Salis, Institut Bergonié, Bordeaux (chirurgien, expert
associé) ; S. Theobald, Centre Paul Strauss, Strasbourg (médecin de Santé
Publique, méthodologiste associé) ; M. Véron, FNCLCC, Paris (cadre infirmier).
Le Neuroblastome
1.1 Qu’est-ce que le neuroblastome ?
Le neuroblastome est un cancer*. Il est découvert le plus
souvent chez l’enfant avant l’âge de 6 ans.
1.2 Qu’est-ce qu’un cancer ?
Le cancer est une maladie de la cellule*. La cellule est l’unité
de base de la vie. Il existe dans le corps plus de deux cents
types de cellules différentes (cellule musculaire, cellule de la
peau, cellule du sang, cellule des os, cellule nerveuse, etc.).
Chacune a un rôle précis. C’est grâce à la reproduction
des cellules normales que le corps humain peut grandir
jusqu’à l’âge adulte, que les cellules mortes sont
remplacées et que les blessures guérissent. Cette multiplication
est alors normale et indispensable à la vie. Une
cellule cancéreuse provient d’une cellule normale qui a
subi d’importantes modifications. Ces modifications
sont progressives : il faut une accumulation de plusieurs
modifications avant qu’une cellule devienne cancéreuse.
Les cellules cancéreuses se multiplient de manière
désordonnée au point de former une masse. Cette
masse est appelée "tumeur*". Les cellules cancéreuses
peuvent également envahir et détruire les tissus sains
avoisinants et empêcher leur fonctionnement normal.
Il arrive que les cellules cancéreuses se détachent de
la tumeur originale (dite "tumeur primitive") et se
propagent par les vaisseaux sanguins ou lymphatiques
vers d’autres parties du corps et y former une autre
tumeur, dite "tumeur secondaire" ou métastase*. Les
cellules de neuroblastome peuvent s’installer notamment
dans les os ou dans la moelle osseuse*. On parle alors de
neuroblastome métastatique ou disséminé.
1.3 Le neuroblastome est-il un cancer fréquent ?
Le neuroblastome est un cancer rare : 130 à 150 cas sont
diagnostiqués chaque année en France.
5
1
Chez les enfants de moins de 6 ans, le neuroblastome reste
néanmoins le cancer le plus fréquent. Il est bien connu des centres
spécialisés dans la prise en charge des cancers de l’enfant.
1.4 D’où vient le neuroblastome ?
L’enfant se développe à partir d’une seule cellule (qui est la
réunion d’un spermatozoïde et d’un ovule). Cette cellule va
se diviser pour en donner deux, puis quatre, puis huit, etc.
A force de se diviser et de se spécialiser, ces cellules vont
former un organisme constitué de milliards de cellules. Des
cellules vont s’assembler et composeront des tissus*.
Certains de ces tissus formeront des organes comme les os,
le coeur, les poumons, les muscles, la peau ; d’autres encore
constitueront ce qu’on appelle le système nerveux (le cerveau,
la moelle épinière* et les nerfs). Une partie du système nerveux
dirige certaines fonctions automatiques. On parle du système
nerveux autonome*.
Ce système nerveux autonome est
composé en partie d’un système
nerveux appelé "sympathique". Sans
que l’on sache encore très bien
pourquoi, il arrive qu’une cellule du
système nerveux sympathique devienne
anormale : elle se divise alors sans
aucun contrôle et finit par former une
tumeur appelée neuroblastome. Il est
important de comprendre que le neuroblastome
n’est pas une maladie unique
avec une cause unique et un traitement
unique. Il y a plusieurs formes de neuroblastomes
qui ont chacune leurs traitements
spécifiques. Le schéma ci-contre
montre la localisation du système nerveux
sympathique. Les neuroblastome
se développent au niveau de ce système
nerveux. C’est la raison pour laquelle les
neuroblastomes se trouvent le plus
souvent au niveau du ventre (sur une
glande* située au-dessus du rein : la
glande surrénale, ou de chaque côté de
la colonne vertébrale). Parfois, ils
apparaissent au niveau du thorax* et,
plus rarement, au niveau du cou.
Les cellules
de neuroblastome
30 % au niveau du thorax
50 % au niveau du ventre
10 % au niveau du pelvis
SYSTÈME NERVEUX SYMPATIQUE
LOCALISATIONS DES NEUROBLASTOMES
6
GANGLION
NERVEUX
SYMPATHIQUE
REIN
GLANDE
SURRÉNALE
10 % au niveau du cou
1.5 Quelles sont les causes du neuroblastome ?
On ne connaît pas actuellement les facteurs à l’origine du
développement d’un neuroblastome.
Aucun facteur ne semble lié à l’environnement (boisson,
alimentation, pollution, tabac) ou à la manière dont vivent
la famille et l’enfant. Il n’y a pas non plus de cause
infectieuse. Le neuroblastome n’est pas contagieux. Il ne
présente pas de facteur héréditaire puisque les familles dans
lesquelles on retrouve plus d’un cas de neuroblastome sont
extrêmement rares.
En revanche, nous savons qu’un neuroblastome présente
des anomalies dans le centre de la cellule (appelé "noyau"
de la cellule).
Ce noyau contient des petits bâtonnets que l’on
appelle les chromosomes*. Dans toutes les cellules
de l’homme, on retrouve toujours le même
nombre de chromosomes : 46. Chacun porte un
numéro. Ces chromosomes sont très importants :
chacun contient un très grand nombre de gènes*
qui servent à faire fonctionner normalement la
cellule. Il arrive que les chromosomes présentent
des anomalies qui atteignent certains gènes. Le
programme de fonctionnement est alors déréglé et la cellule
va se comporter de façon anormale.
Dans le noyau d’une cellule d’un neuroblastome, il arrive
qu’il y ait beaucoup trop de chromosomes. Parfois il peut
manquer un petit bout du chromosome 1. Parfois, il existe
un bout en plus sur le chromosome 17. Parfois encore, on
retrouve un gène qui se trouve sur le chromosome 2 copié à
plusieurs exemplaires et que l’on appelle gène MYCN*. Mais
nous ne connaissons pas encore les
raisons pour lesquelles ces anomalies
génétiques apparaissent.
Le bout en plus du chromosome 17,
le bout en moins du chromosome 1 et
les copies du gène MYCN sur le chromosome
2 favorisent la multiplication des
cellules de neuroblastome.
46 chromosomes
Gène MYCN amplifié
au niveau du noyau
7
Le Diagnostic
8
Cette partie du document doit vous permettre de repérer les étapes
nécessaires au diagnostic* du neuroblastome et de mieux comprendre
les différents examens et consultations que le médecin peut proposer.
Le diagnostic est la démarche qui permet de reconnaître la maladie
dont votre enfant souffre, de savoir si c’est un cancer ou non. Si c’est
un cancer, le médecin doit déterminer de quel type de cancer il s’agit,
quelle en est la gravité. Le médecin a donc besoin d'informations
complètes avant de proposer un traitement.
Le diagnostic permet d’identifier la maladie à l’origine des
signes* ou des symptômes* que présente l’enfant. Toutefois,
les signes et les symptômes qui amènent les parents à
consulter leur médecin ne sont pas toujours particuliers au
neuroblastome et peuvent faire penser à d’autres maladies.
En effet, il s’agit généralement de maux de ventre, de
douleurs dans les jambes ou au niveau des articulations, de
fatigue ou de fièvre. Parfois, la présence d’un hématome
apparu autour des deux yeux oriente le médecin vers
un diagnostic de neuroblastome. Dès que l’on suspecte
fortement un neuroblastome, votre enfant est confié à une
équipe spécialisée qui va procéder à un bilan*.
Le délai entre la découverte de quelque chose d'anormal et
le début d'un traitement peut sembler très long. Ce délai est
indispensable afin de réaliser un ensemble d’examens. Les
informations obtenues vont permettre d’établir un
diagnostic exact et précis. Celui-ci permet d’élaborer ensuite
un programme, c'est-à-dire de proposer le meilleur traitement
adapté à l’enfant ainsi qu’à sa maladie et la meilleure
façon de le réaliser.
2.1 Le bilan : quels sont les examens pratiqués
pour établir un diagnostic ?
2.1.1 L’EXAMEN CLINIQUE
Le médecin interroge les parents sur la santé de l’enfant
Comment savoir si c’est un neuroblastome ? 2
depuis sa naissance (maladies, accidents, etc.), ce qu’on
appelle les antécédents.
Le médecin interroge les parents et l’enfant pour connaître
l’histoire de la maladie, leur demande la façon dont les
signes* et les symptômes* sont apparus.
Ensuite, le médecin examine l’enfant afin de rechercher
d’éventuels signes anormaux : boule, hématome, endroit
douloureux, difficulté à bouger les membres, etc.
L’examen clinique permet de voir quels sont les autres
examens à réaliser.
Généralement, le bilan comprend : •des examens par prélèvements* (sang, urines), •différents examens radiologiques* qui ont pour but de
bien situer la tumeur, ses limites et sa taille (scintigraphie*,
échographie* et/ou scanner* et/ou IRM*), •des examens au microscope que l’on appelle examens
anatomo-pathologiques* : un fragment de la tumeur* et un
peu de moelle des os* sont observés au microscope. Ce
sont ces examens qui permettent de découvrir exactement
de quel type de tumeur il s’agit.
2.1.2 LES EXAMENS RADIOLOGIQUES
Les examens radiologiques et scintigraphiques ont pour
but de localiser la tumeur et de vérifier si elle s’est propagée
à d’autres parties du corps.
Les examens radiologiques et scintigraphiques montrent
des images de l’intérieur du corps. Ces examens sont
importants car grâce aux images obtenues, il est possible de
localiser exactement la tumeur et de déterminer si elle gêne
les organes et/ou les vaisseaux sanguins qui sont à proximité.
Ces examens permettent également de savoir si la tumeur
peut être enlevée totalement par chirurgie. Si ce n’est pas le
cas, les images montrent où il est possible d’effectuer un
prélèvement sur la tumeur afin de l’identifier.
Certains examens peuvent être faits rapidement, comme : •une échographie de l’abdomen, •une radiographie* des poumons.
9
10
D’autres examens nécessitent plus de préparation de
l’enfant. Ils demandent plus de temps.
C’est le cas du : •scanner ou de l’IRM, •de la scintigraphie.
Chez l’enfant de moins d’un an, une radiographie du
squelette entier peut être demandée.
2.1.2.1 L’échographie
L’échographie est un examen réalisé avec une sonde (sorte de
gros crayon) reliée à un écran de télévision et à un ordinateur.
Cette sonde envoie des ultrasons qui permettent de regarder
l’intérieur du corps à travers la peau. Cet examen est identique
à celui qui permet de voir l’enfant dans le ventre de la mère lors
d’une grossesse. Ces ultrasons sont arrêtés par l’air ou par les
os. L’échographie ne permet donc pas de tout voir.
L’enfant est allongé sur un lit. Le médecin radiologue passe
un produit sur la partie du corps de l’enfant à examiner. Ce
produit est un gel qui permet à la sonde de mieux glisser sur
la peau et de faciliter l’observation.
Cet examen n’est pas douloureux. Il nécessite souvent que l’enfant
soit à jeun. Sa durée est d’environ quinze minutes.
2.1.2.2 Le scanner
Le scanner est un gros anneau relié à un ordinateur
qui permet d’examiner avec précision
certaines parties du corps de l’enfant grâce à
des rayons X : le thorax, le ventre ou le crâne
par exemple.
L’enfant est installé sur un lit mobile qui se
déplace lentement à l’intérieur de l’anneau. Le
manipulateur est placé derrière une vitre
et explique à l’enfant ce qui se passe. Une
injection est faite au cours de l’examen.
Elle permet de mieux voir les vaisseaux sanguins. Au fur et à
mesure que le lit de l’enfant passe dans l’anneau, des photos
sont prises : elles apparaissent petit à petit sur l’écran.
Cet examen nécessite une piqûre mais n’est pas douloureux par la suite.
Scanner
Scintigraphie
ou mIBG
L’enfant doit être à jeun. Sa durée est d’environ une
demi-heure.
2.1.2.3 La scintigraphie
La scintigraphie permet de voir où
s’accumule un produit radioactif. Pour le
neuroblastome, le produit est la mIBG.
L’enfant est allongé sur un lit. Le produit lui est injecté par
piqûre la veille de l’examen. Grâce à une caméra spéciale
(gamma caméra), l’appareil qui se déplace autour de l’enfant
obtient des images des zones où le produit s’est accumulé.
Cet examen nécessite une piqûre mais n’est pas douloureux par la
suite. Sa durée varie de quinze minutes à une heure, parfois plus. Il
faut pouvoir rester immobile.
2.1.2.4 L’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique)
L’appareil qui permet de réaliser une IRM est une sorte
de tunnel relié à un ordinateur. L’IRM utilise un champ
magnétique. Elle permet d’observer avec précision le crâne, le
thorax ou l’abdomen. Un manipulateur installe l’enfant sur
un lit mobile. Il lui place sur la tête une sorte de casque de
cosmonaute qui enregistre le signal émis par le corps. Le lit
va se positionner lentement à l’intérieur du tunnel. Pendant
tout l’examen, il est recommandé de ne pas bouger car les
images seraient très floues. Comme pour le scanner, il
ne faut pas s’impatienter : l’ordinateur met du temps à
afficher les images qui ont été prises. La machine fait
du bruit comme un marteau piqueur, mais l’enfant peut
écouter de la musique avec un casque.
Cet examen nécessite une piqûre mais n’est pas douloureux par la
suite. Sa durée varie entre une demi-heure et trois quarts d’heure.
L’enfant doit rester immobile. Pour cela, un médicament donné
avant l’examen permet de le calmer.
2.1.3 LES EXAMENS PAR PRÉLÈVEMENTS (URINES, SANG)
2.1.3.1 L’examen des urines
Les catécholamines sont des substances que l’on trouve
normalement à des taux très faibles dans l’organisme.
11
12
Dans la majorité des neuroblastomes, la production de ces
catécholamines augmente fortement. Elles sont éliminées
par les urines de l’enfant. L’analyse des urines permet donc
de déterminer si le taux de catécholamines est trop élevé. Si
c’est le cas, on peut fortement soupçonner que la tumeur
est un neuroblastome. Trois types de catécholamines sont
dosés : l’acide homovanilique (HVA), l’acide vanylmandilique
(VMA) et la Dopamine. L’analyse de ces
substances dans les urines nécessite de recueillir les urines
de l’enfant durant vingt-quatre heures.
2.1.3.2 L’examen de sang
Les prises de sang permettent seulement de juger de la
façon dont les organes de l’enfant fonctionnent (le foie et
le rein en particulier). Rien dans le sang ne permet de
diagnostiquer un neuroblastome.
2.1.3.3 L’examen des cellules de neuroblastome :
l’examen anatomo-cyto-pathologique.
L’examen anatomo-cyto-pathologique* est indispensable car
c’est le seul qui garantit le diagnostic, autrement dit, qui
permet d’identifier la tumeur avec exactitude.
Qu’est-ce qui est nécessaire à cet examen ?
En vue de l’examen, un échantillon de la tumeur* est prélevé
par le radiologue ou par le chirurgien. Ce prélèvement se fait
habituellement sous anesthésie générale* (l’enfant est
complètement endormi).
On procède en même temps à des prélèvements dans la
moelle osseuse (organe qui fabrique le sang). Ce sont des
biopsies ostéo-médullaires* et des myélogrammes*. Les experts
internationaux se sont mis d’accord pour effectuer au
minimum deux biopsies ostéo-médullaires et quatre
myélogrammes.
Que fait le médecin chargé des examens anatomo-pathologiques ?
L’examen anatomo-pathologique, souvent abrégé en "anapath",
consiste à analyser au microscope un échantillon de la tumeur.
L’addition de certains produits colore les cellules* cancéreuses
qui sont ainsi repérables au microscope.
Cet examen est effectué par un médecin anatomo-pathologiste.
Le médecin anatomo-pathologiste confie des
échantillons au biologiste pour étudier les anomalies
de l’ADN (constituant essentiel des
chromosomes* de la cellule) des cellules cancéreuses.
Il examine notamment les anomalies du
gène MYCN*. Cela permet de savoir comment
s’attaquer aux cellules et de choisir ainsi au
mieux le traitement.
Le médecin anatomo-pathologiste examine également les
deux biopsies osseuses et les quatre myélogrammes. Ces
examens permettent de savoir si des cellules cancéreuses se
trouvent dans la moelle osseuse. Il faut savoir qu’on ne traite
jamais un enfant lorsqu’on ne fait que soupçonner un
neuroblastome, sauf certaines urgences. Un traitement ne
débute que lorsque le diagnostic de neuroblastome est
confirmé par l’examen anatomo-pathologique et que le
bilan complet a montré si cette tumeur était localisée ou si
des métastases* existaient.
Ces examens font partie des méthodes reconnues par
l’ensemble des experts. Ce sont des standards*.
2.2 Les différents types de neuroblastome
Les travaux de recherche permettent actuellement de
distinguer trois neuroblastomes différents : •une maladie qui peut guérir toute seule ou avec un
traitement très léger, •une maladie souvent guérissable avec un traitement adapté, •une troisième maladie très agressive plus difficile à guérir
et qui nécessite un traitement beaucoup plus fort.
L'âge de l'enfant lors du diagnostic (soit inférieur à un an,
soit égal ou supérieur à un an), le caractère localisé ou
13
Examen
de la tumeur
au microscope
14
disséminé et les anomalies du gène MYCN, suffisent actuellement
pour choisir le traitement le plus adapté en fonction
du neuroblastome.
2.2.1 COMMENT SONT CLASSÉS LES NEUROBLASTOMES ?
Différentes classifications des neuroblastomes ont été
établies, variables selon les pays. Ces classifications ont
pour but de distinguer les différents types de neuroblastomes,
afin d’adapter le traitement. En 1993, des spécialistes européens
et américains ont décidé de proposer une classification
internationale qui doit permettre de comparer les
résultats des différents traitements. Cette classification
porte le nom d’International Neuroblastoma Staging
System (INSS*). La classification TNM renseigne sur la taille
de la tumeur (T), le nombre de ganglions* atteints (N : en
anglais ganglion se dit "Node") et enfin, sur la présence ou
non de métastases* (M). Les classifications TNM et l'INSS
sont les deux classifications utilisées en Europe.
Quelle que soit la classification employée, l’important est de
savoir si la tumeur est métastatique (disséminée) ou non :
•si les cellules sont restées à l’intérieur de la tumeur primitive
et ne sont pas allées vers d’autres organes ou d’autres
régions du corps, on parle de neuroblastome localisé ;
•si certaines cellules ont quitté la tumeur, on parle de
neuroblastome disséminé.
Les neuroblastomes disséminés ou métastatiques correspondent
aux neuroblastomes dont certaines cellules ont quitté la
tumeur. Les cellules ont envahi d’autres organes ou régions
du corps notamment la moelle osseuse* et les os. C’est le cas
pour cinq enfants sur dix lorsque le neuroblastome est
découvert après l’âge d’un an. Cette dissémination n’est
pas due à un retard de diagnostic, mais aux caractéristiques
spécifiques de certains neuroblastomes.
15
EN RÉSUMÉ
Le neuroblastome est un cancer de l’enfant qui se
développe généralement avant 6 ans.
C’est un cancer qui doit être pris en charge dans des
centres spécialisés dans les traitements des cancers de
l’enfant. Dès lors que l’on soupçonne un neuroblastome,
des examens doivent être réalisés. Ce sont : •une analyse des urines, •des examens radiologiques (échographie abdominale,
scanner, scintigraphie ou IRM), •un examen de la tumeur et de la moelle osseuse, •un examen du noyau des cellules pour étudier ses
anomalies et le gène MYCN en particulier.
On peut alors identifier le type de neuroblastome et
adapter le traitement.
16
Différents traitements sont possibles pour soigner
un enfant qui présente un neuroblastome. Chacun de ces
traitements est bien connu par les centres spécialisés
des cancers de l’enfant. Afin de déterminer le traitement
adapté, efficace et présentant le moins de risques pour
l’enfant, plusieurs spécialistes (médecin radiologue,
chirurgien, radiothérapeute, pédiatre cancérologue)
se concertent. La décision est donc multidisciplinaire.
La coordination entre chacun est essentielle pour assurer à
l’enfant les meilleures chances de guérison. C’est le pédiatre
cancérologue qui organise cette coordination.
3.1 Quels sont les différents traitements possibles ?
Il n’existe pas de traitement universel. Les traitements sont
proposés dans le cadre de la recherche scientifique. C’est la
seule voie connue pour soigner au mieux les enfants. Les
études scientifiques ont déterminé les meilleurs traitements
pour chaque type de neuroblastome en fonction de l’âge
de l’enfant. Les protocoles, qui décrivent de façon précise
les conditions et le déroulement du traitement, sont
nationaux et parfois internationaux.
On distingue deux types de traitements possibles :
•les traitements loco-régionaux : la tumeur* est enlevée ou
détruite directement à l’endroit où elle se trouve. Les traitements
loco-régionaux sont la chirurgie et la radiothérapie* ;
•les traitements généraux. Ce sont des traitements qui
agissent dans tout l’organisme de l’enfant, à la fois sur
la tumeur et là où peuvent se trouver les métastases*. C’est
le cas de la chimiothérapie*.
Traitements Quels sont les moyens pour lutter contre
un neuroblastome ?
3
3.1.1 LA CHIRURGIE
La chirurgie est une arme importante pour le traitement du
neuroblastome. Le but de ce traitement local est d’enlever
la tumeur. La chirurgie devra être la plus complète possible,
c’est-à-dire ôter dans la mesure du possible la totalité de la
tumeur, sans prendre de risques vitaux pour l’enfant.
Les différentes images radiologiques (scanner ou IRM*)
obtenues lors du bilan diagnostique* permettent d’évaluer les
risques de la chirurgie.
3.1.2 LA RADIOTHÉRAPIE
Comme la chirurgie, la radiothérapie* est un traitement locorégional
du cancer : elle permet d’éliminer directement
la tumeur à l’endroit où elle se trouve. Cette technique
consiste à utiliser des rayons* (appelés rayons X ou photons)
qui vont atteindre la tumeur, abîmer les
cellules cancéreuses et les rendre incapables
de se diviser. Si les cellules ne peuvent plus se
diviser, elles disparaîtront.
La radiothérapie est utilisée depuis longtemps
pour traiter les cancers. Dans le cas précis
du neuroblastome, les études scientifiques
internationales ont montré l’efficacité de ce
traitement. La décision de faire ou non
une radiothérapie dépend du type et du stade de neuroblastome
ainsi que de l'âge de l’enfant. La radiothérapie
entraîne chez le petit enfant des troubles de croissance et
cette complication joue un rôle dans le choix du traitement.
3.1.3 LA CHIMIOTHÉRAPIE
La chimiothérapie consiste à traiter le cancer* par des
produits chimiques : les médicaments. Ces médicaments
sont appelés médicaments anti-tumoraux (contre la
tumeur) ou anticancéreux (contre le cancer). Ces
médicaments agissent par voie générale, c'est-à-dire qu’ils
ont un effet à la fois sur la tumeur et dans l'ensemble du
corps. Ces médicaments sont introduits dans des veines par
l’intermédiaire d’un tuyau appelé cathéter* ou chambre
implantable selon sa forme. Le but de ces médicaments est
de détruire les cellules cancéreuses quel que soit l’endroit
où elles se trouvent, et d’empêcher leur division, ce qui va
provoquer leur disparition.
17
Séance
de radiothérapie
18
Les médicaments de chimiothérapie sont nombreux.
L’action d’un médicament utilisé seul peut ne pas être
suffisante. C’est pourquoi ils sont associés entre eux : cela
permet d’augmenter leur efficacité. Les combinaisons
de plusieurs médicaments de chimiothérapie
composent ce qu’on appelle des protocoles
de chimio-thérapie. Ces protocoles de chimiothérapie
sont particuliers à chaque cancer. Ils
sont établis en fonction de leur efficacité sur le
cancer et de leurs effets toxiques sur l’organisme
(ils peuvent en effet provoquer des effets
secondaires* ou des séquelles*). Les doses de ces
médicaments sont ensuite calculées en fonction
du poids de l’enfant et de sa taille.
Le neuroblastome est une tumeur "chimiosensible",
c’est-à-dire que les chimiothérapies
peuvent la faire diminuer de volume.
Les principaux médicaments utilisés sont : •le cyclophosphamide ; •la doxorubicine (produit rouge) ; •l’étoposide ; •les sels de platine ; •la vincristine.
Si la chimiothérapie est toxique pour la tumeur, elle entraîne
des effets secondaires tels que des nausées et vomissements,
une alopécie (perte de cheveux temporaire), une
aplasie* et parfois, en fonction des médicaments et doses
administrés, une stérilité définitive.
3.2 Selon quels critères choisit-on les différents
traitements ?
Différents traitements sont possibles pour soigner un
enfant atteint d’un neuroblastome. Le choix de ces
traitements dépend : •de l’âge de l’enfant (moins ou plus d’un an) ; •du stade de neuroblastome (localisé ou disséminé) ; •des anomalies de la cellule du neuroblastome (copies du
gène MYCN* ou non).
3
2
1
4
1. Chambre
2. Pansement
post-opératoire
3. Cathéter
sous-cutané
4. Cathéter
intraveineux
Chambre
implantable
et cathéter
Ce neuroblastome disséminé du jeune enfant est appelé 4 S,
“S” comme spécial, à cause de sa présentation particulière.
Cette forme particulière de neuroblastome disséminé
atteint le plus souvent les enfants de moins de 6 mois. C’est
le foie qui est le plus fréquemment touché par les métastases
du neuroblastome. Il existe deux situations différentes
en fonction des signes et des symptômes que présente l’enfant
: •Soit l’enfant a des symptômes ou des signes graves (très
gros ventre, gêne pour respirer, etc…) : cette forme de
neuroblastome est une forme dite “bruyante”. Il convient
alors de proposer rapidement un traitement par chimiothérapie*
tout en adaptant les doses au poids de l’enfant.
Une légère radiothérapie sur le foie est parfois nécessaire ;
•Soit il n’y a pas de symptôme ou de signe grave : c’est la
forme “calme”. Ces enfants sont alors à surveiller très
attentivement. En effet, il arrive que le neuroblastome
disparaisse spontanément sans avoir besoin de procéder
au moindre traitement. Parfois, cette forme “calme”
peut devenir “bruyante” et nécessite alors un traitement.
Dans tous les cas, ces enfants doivent être surveillés et traités
dans un service de cancérologie pédiatrique. Il est préférable
d’effectuer une chirurgie sur la première tumeur
(la tumeur primitive) quand les métastases ont diminué.
3.3 Est-il possible de dépister un neuroblastome ?
Le dépistage consiste à pratiquer des examens dans le but
de rechercher une maladie (un cancer par exemple) à un
stade très précoce. Dans le cas du neuroblastome, le fait
que l’on puisse trouver des catécholamines (HVA,
VMA) dans les urines de l’enfant est un moyen de dépistage
possible.
19
20
RÉSUMÉ
Trois moyens sont disponibles pour lutter contre le neuroblastome
: • la chirurgie, • la radiothérapie, • la chimiothérapie.
Le choix de ces traitements dépend : • de l’âge de l’enfant (avant ou après l’âge d’un an), • du stade du neuroblastome (localisé ou disséminé), • de la biologie du neuroblastome (copies
du MYCN ou non).
Dans le cas du neuroblastome 4S, l’état clinique de votre
enfant guidera la mise en route du traitement en une simple
surveillance au départ. Cette surveillance est faite par l’équipe
qui vous a pris en charge. La chimiothérapie et la chirurgie
sont les “armes” utilisées pour le traitement s’il est nécessaire.
La radiothérapie peut parfois compléter le traitement
en cas de nécessité.
Un dépistage systématique a été effectué dans le cadre très
particulier de la recherche médicale. Ainsi, des spécialistes
ont réalisé des études au Japon, en France à Lyon et au
Canada. Ces études n’ont pas permis de montrer un avantage
au dépistage systématique. En effet, ce dépistage n’a
découvert que des neuroblastomes qui guérissent tout
seuls, sans qu’aucun traitement soit nécessaire. Il n’a pas
permis de diminuer pour autant le nombre de neuroblastomes
pour lesquels un traitement est indispensable.
Une conférence de consensus à Lyon, en 1998, a réuni les
experts internationaux du neuroblastome. Le jury de cette
conférence a conclu que le dépistage du neuroblastome
avant l’âge de 6 mois ne présente pas d’avantage.
21
En cancérologie vous entendez parler de rémission complète
qui correspond à une étape indispensable sur le chemin de
la guérison. Ceci signifie que les examens à notre disposition
actuellement ne permettent plus de déceler la maladie.
En effet, nous ne pouvons pas savoir s’il reste des cellules
cancéreuses (au niveau microscopique). C’est pour cela
qu’une surveillance attentive de l’enfant est effectuée.
Les chiffres qui sont donnés ci-dessous proviennent d’études
scientifiques réalisées sur beaucoup d’enfants atteints par
un neuroblastome. Il ne s’agit que de chiffres indicatifs.
Dans le cas particulier du neuroblastome 4S, on guérit
entre 75 % et 85 % des enfants.
Les résultats Quelles sont les chances de guérison ? 4
22
La surveillance a pour but de : •déceler le plus tôt possible une éventuelle rechute* afin de
reprendre rapidement un traitement destiné à guérir
l’enfant ; •rechercher d’éventuelles complications liées aux traitements
qui ont été effectués.
La surveillance Les traitements sont terminés, que faut-il faire ? 5
23
Glossaire Ce glossaire concerne spécifiquement l’explication des termes en rapport
avec le présent document "Comprendre le neuroblastome".
Un dictionnaire plus complet sur l’ensemble des cancers figure dans le livre
"Les cancers de A à Z". Ce dictionnaire est disponible sur le site internet de
la Fédération Nationale des Centres de Lutte Contre le Cancer
(www.fnclcc.fr) et également chez l’éditeur à l’adresse suivante : Editions
FRISON-ROCHE - 18, rue Dauphine - 75006 Paris - Tél. 01.40.46.94.91.
* : voir ce mot
A
Anatomo-cyto-pathologie : examen au microscope de cellules* (cytologie) ou de
tissus* (histologie) de l’organisme.
La cytologie* et l'histologie* sont les deux techniques de l'examen anatomo-cytopathologique.
L’histologie établit de façon sûre le diagnostic* de cancer. De plus,
cet examen permet de déterminer le type de cancer dont il s’agit.
Anatomo-pathologiste : médecin spécialiste qui examine des cellules et des
tissus au microscope.
Anesthésie : acte qui consiste à endormir et rendre insensible le patient
(anesthésie générale) ou une partie du corps (anesthésie locale ou partielle)
pendant une intervention chirurgicale.
Aplasie : très forte diminution des globules blancs, accompagnée d’une baisse
des autres éléments du sang (globules rouges et plaquettes). C’est un effet
secondaire, temporaire, de certains médicaments de chimiothérapie*.
B
Bilan : un bilan évalue l’état de santé d’une personne. Au terme de ce bilan,
le médecin dispose de renseignements qui lui permettent de proposer un
traitement adapté à la situation.
Le bilan diagnostique a pour but de déterminer s'il s'agit bien d'un cancer et
d'identifier le type de cancer. Le bilan d'extension recherche l’étendue du cancer
et la présence ou non de métastases* dans d'autres organes.
Biopsie ostéo-médullaire : prélèvement de la moelle des os qui est analysé au
microscope. Ce prélèvement est réalisé par un médecin et se fait sous anesthésie*
générale.
6
24
C
Cancer/Tumeur maligne : cellules anormales qui se multiplient de façon
incontrôlée. Elles finissent par former une masse qu’on appelle tumeur maligne.
Cathéter : tuyau souple et fin introduit dans une veine afin d’y injecter un
produit ou des médicaments, ou pour faire une prise de sang.
Le cathéter améliore le confort de l’enfant qui n’a pas besoin de subir une
piqûre à chaque injection. Il diminue le risque d’abîmer les veines et facilite les
perfusions de chimiothérapie*.
Cellule : élément visible au microscope dont est constitué tout organisme vivant.
Plantes et animaux sont composés de cellules très différentes qui se multiplient,
meurent et se renouvellent.
Des cellules identiques assemblées entre elles forment un tissu*.
Les cellules cancéreuses sont des cellules qui se sont modifiées et se multiplient
de façon anormale. Voir cancer*.
Chimiothérapie (Chimio) : traitement général du cancer* à l’aide de médicaments.
Les médicaments anticancéreux visent à détruire les cellules* cancéreuses
ou à les empêcher de se multiplier, entraînant leur mort. Ces médicaments peuvent
être administrés par piqûres ou perfusions ou parfois sous forme de comprimés.
Chromosome : les chromosomes sont de petits bâtonnets situés dans le noyau
de la cellule, contenant l’ensemble des gènes.
Cytaphérèse : technique qui permet de prélever dans le sang des cellules
(cellules souches) qui pourront venir se loger dans la moelle osseuse* et refabriquer
à nouveau du sang.
D
Diagnostic : c’est la démarche qui identifie la maladie à l'origine des signes* ou
des symptômes* ressentis ou observés par le patient. Le diagnostic permet de
reconnaître la maladie dont l’enfant souffre. Voir bilan*.
E
Echographie : technique d'examen qui montre des images d'une partie du corps
ou de certains organes à l’aide d’ultrasons. Il s’agit d’un examen d'imagerie.
Effet secondaire : les traitements ont pour but de soigner le cancer*. Parfois, ils
entraînent des conséquences désagréables pour le malade qu’on appelle des
effets secondaires. Il y a deux types d’effets secondaires : les effets secondaires
immédiats et les effets secondaires tardifs.
Les effets secondaires immédiats sont des effets à court terme : nausées, perte
de cheveux, etc. Temporaires, ils disparaissent généralement après la fin des traitements.
Les effets secondaires tardifs sont des effets à long terme et peuvent persister
25
longtemps après l’arrêt des traitements, parfois jusqu’à la fin de la vie. Ils sont
alors appelés séquelles.
Si les effets secondaires sont fréquents, ils n’apparaissent pas de façon obligatoire
ni systématique. Ils dépendent des traitements reçus, des doses administrées, du
type de cancer* et de la façon dont chacun réagit aux traitements.
Examen radiologique : examen qui permet d’obtenir des images d’une partie du
corps ou des organes. Il s’agit d’un examen d'imagerie. Il existe différents types
d’examens radiologiques : échographie*, scanner*, IRM*, scintigraphie*).
G
Ganglion : les ganglions sont de petits renflements répartis le long des vaisseaux
lymphatiques* et disposés dans certaines parties du corps.
Les ganglions jouent un rôle essentiel dans la protection du corps contre les
infections ou les cellules* cancéreuses. Ils sont soit superficiels (dans le cou,
l’aisselle, l’aine), soit profonds (dans l’abdomen, le thorax). Ils mesurent normalement
moins d‘un centimètre de diamètre.
Gène : petite partie d’un chromosome* comportant une information indispensable
au fonctionnement de la cellule.
I
INSS (International Neuroblatoma Staging System) : classification internationale
qui différencie les neuroblastomes par stade (1 à 4) selon le type de la tumeur et
ses caractéristiques (taille, opérabilité et dissémination vers d’autres organes).
IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) : technique d’examen qui montre
des images d’une partie du corps ou des organes. Cette technique d’imagerie
repose sur la différence de magnétisme des tissus.
L
Lymphatique (système lymphatique) : le système lymphatique est composé
d'un ensemble de ganglions* et de vaisseaux lymphatiques.
Les ganglions jouent un rôle essentiel dans la protection de l’organisme contre
les infections ou les cellules* cancéreuses.
M
Métastase : migration (on dit aussi dissémination ou propagation) de cellules*
cancéreuses qui proviennent d'une tumeur primaire et qui se développent dans
un autre organe. On parle aussi de maladie métastatique ou de localisation
secondaire du cancer.
26
Moelle osseuse : substance se trouvant à l’intérieur des os qui produit les différentes
cellules du sang (globules rouges qui transportent l’oxygène, globules blancs qui
défendent l’organisme contre les infections et plaquettes qui arrêtent les saignements
et permettent la cicatrisation).
N
MYCN (Gène MYCN) : petite partie du chromosome* n°2. Ce gène a un rôle dans
la division de la cellule. Quand il est copié en plusieurs exemplaires, la division
s’accélère.
P
Ponction/Prélèvement : ce geste consiste à introduire une aiguille dans une partie
du corps afin de prélever du tissu*, des cellules*, du liquide ou du sang, en
fonction du type d’analyses à réaliser.
En cas de prélèvement de cellules, on parle de ponction cytologique ; en cas de
prélèvement de tissu, on parle de biopsie*.
Prélèvement : Voir ponction*.
R
Radiographie : technique d'examen qui permet d’obtenir des images d'une
partie du corps à l’aide de rayons X. Il s’agit d’un examen d'imagerie.
Radiothérapie : traitement local du cancer* à l’aide d’un appareil qui émet des
rayons. Ces rayons dirigés vers la tumeur vont la détruire.
Ce traitement se fait dans un service spécialisé de radiothérapie. On parle aussi
de rayons.
Rayons : voir radiothérapie*.
Rechute/Récidive : réapparition des signes ou des symptômes* signalant la
présence du cancer. Cette réapparition peut survenir très tôt après les
traitements, mais aussi après une longue période de guérison apparente.
Récidive : voir rechute*.
Rémission : diminution, voire disparition des signes* ou des symptômes du
cancer.
S
Scanner : technique d’examen qui permet d’obtenir des images du corps en
coupes, à l’aide de rayons X. Il s’agit d’un examen d’imagerie.
27
Scintigraphie : technique d’examen qui montre des images du squelette osseux
ou de la tumeur. Cette technique d’imagerie utilise des produits faiblement
radioactifs qui, une fois injectés, se fixent sur les tissus osseux.
Séquelle : voir effet secondaire*.
Signe/Symptôme : manifestation anormale observée par le patient ou par le médecin.
Standard : un traitement est un standard lorsqu’il a été validé par des essais
thérapeutiques. Ces études ont montré que, pour une même situation, les bénéfices
de ce traitement sont clairement supérieurs à ceux des autres traitements.
Le traitement standard est proposé de façon systématique dans une situation
donnée. Il peut arriver que le médecin ne puisse pas appliquer le traitement
standard du fait de facteurs particuliers à l’enfant ou à sa maladie. Le médecin
propose alors un ou plusieurs traitements mieux adaptés à la situation.
Sternum : os plat situé en avant de la cage thoracique.
Système nerveux autonome : système nerveux qui dirige certaines fonctions
automatiques du corps. Ce système nerveux est constitué de deux parties : le
système parasympathique et le système sympathique. C’est dans le
système nerveux sympathique que peut se développer un neuroblastome.
T
Thorax : partie du corps dans laquelle se logent le coeur et les poumons, sous
les côtes et le sternum*.
Tissu : ensemble de cellules identiques qui ont une même fonction (tissu
musculaire, tissu osseux par exemple).
Tumeur : voir cancer*.
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Cancer (FNCLCC), et protégée par les dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. La
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Yle neuroblastome. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
LE NEUROBLASTOME . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1 Qu’est-ce que le neuroblastome ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Qu’est-ce qu’un cancer ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Le neuroblastome est-il un cancer fréquent ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.4 D’où vient le neuroblastome ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.5 Quelles sont les causes du neuroblastome ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
LE DIAGNOSTIC : comment savoir si c’est un neuroblastome ?. . . . . . . . . . . . . . . 8
2.1 Le bilan : quels sont les examens pratiqués pour établir un diagnostic ? 8
2.1.1 L’examen clinique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.1.2 Les examens radiologiques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.1.2.1 L’échographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.1.2.2 Le scanner . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.1.2.3 La scintigraphie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.1.2.4 L’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.3 Les examens par prélèvements (urines, sang) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.3.1 L’examen des urines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.3.2 L’examen de sang. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.1.3.3 L’examen des cellules de neuroblastome :
l’examen anatomo-cyto-pathologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.2 Les différents types de neuroblastome. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.2.1 Comment sont classés les neuroblastomes ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
TRAITEMENTS : Quels sont les moyens pour lutter contre un neuroblastome ? . . 15
3.1 Quels sont les différents traitements possibles ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.1.1 La chirurgie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3.1.2 La radiothérapie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3.1.3 La chimiothérapie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3.2 Selon quels critères choisit-on les différents traitements ?. . . . . . . . . . . 18
3.3 Est-il possible de dépister un neuroblastome ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
LES RÉSULTATS : quelles sont les chances de guérison ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
LA SURVEILLANCE : les traitements sont terminés, que faut-il faire ? . . . . . . . . 22
GLOSSAIRE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23le neuroblastome. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
LE NEUROBLASTOME . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1 Qu’est-ce que le neuroblastome ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Qu’est-ce qu’un cancer ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Le neuroblastome est-il un cancer fréquent ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.4 D’où vient le neuroblastome ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.5 Quelles sont les causes du neuroblastome ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
LE DIAGNOSTIC : comment savoir si c’est un neuroblastome ?. . . . . . . . . . . . . . . 8
2.1 Le bilan : quels sont les examens pratiqués pour établir un diagnostic ? 8
2.1.1 L’examen clinique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.1.2 Les examens radiologiques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.1.2.1 L’échographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.1.2.2 Le scanner . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.1.2.3 La scintigraphie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.1.2.4 L’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.3 Les examens par prélèvements (urines, sang) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.3.1 L’examen des urines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.3.2 L’examen de sang. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.1.3.3 L’examen des cellules de neuroblastome :
l’examen anatomo-cyto-pathologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.2 Les différents types de neuroblastome. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.2.1 Comment sont classés les neuroblastomes ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
TRAITEMENTS : Quels sont les moyens pour lutter contre un neuroblastome ? . . 15
3.1 Quels sont les différents traitements possibles ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.1.1 La chirurgie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3.1.2 La radiothérapie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3.1.3 La chimiothérapie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3.2 Selon quels critères choisit-on les différents traitements ?. . . . . . . . . . . 18
3.3 Est-il possible de dépister un neuroblastome ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
LES RÉSULTATS : quelles sont les chances de guérison ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
LA SURVEILLANCE : les traitements sont terminés, que faut-il faire ? . . . . . . . . 22
GLOSSAIRE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23NEUROBLASTOME 4 S
Copyright © FNCLCC 2000
Fédération Nationale des Centres de Lutte Contre le Cancer
(FNCLCC)
101, rue de Tolbiac 75013 Paris
Tél : 01 44 23 04 62 - Fax : 01 44 23 04 17
e-mail : fnclcc@fnclcc.fr - Internet : www.fnclcc.fr
La Ligue Contre le Cancer
Tél : 01 44 06 80 80 - Fax : 01 45 86 56 78
Internet : www.ligue-cancer.asso.fr
Guide à l’usage des parents et des familles
COMPRENDRE
LE NEUROBLASTOME 4 S
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Tous droits réservés
Ce document n’a pas la prétention de vous donner toutes
les informations sur les traitements et leurs complications car
c’est un support ciblé sur la maladie qu’est le neuroblastome.
Ce support est visuel et son objectif est de vous aider à mieux
comprendre la maladie de votre enfant.
Ce document vous a été remis par le Docteur :
qui pourra répondre à vos questions.
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Comprendre le neuroblastome. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
LE NEUROBLASTOME . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1 Qu’est-ce que le neuroblastome ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Qu’est-ce qu’un cancer ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Le neuroblastome est-il un cancer fréquent ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.4 D’où vient le neuroblastome ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.5 Quelles sont les causes du neuroblastome ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
LE DIAGNOSTIC : comment savoir si c’est un neuroblastome ?. . . . . . . . . . . . . . . 8
2.1 Le bilan : quels sont les examens pratiqués pour établir un diagnostic ? 8
2.1.1 L’examen clinique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.1.2 Les examens radiologiques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.1.2.1 L’échographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.1.2.2 Le scanner . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.1.2.3 La scintigraphie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.1.2.4 L’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.3 Les examens par prélèvements (urines, sang) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.3.1 L’examen des urines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.3.2 L’examen de sang. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.1.3.3 L’examen des cellules de neuroblastome :
l’examen anatomo-cyto-pathologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.2 Les différents types de neuroblastome. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.2.1 Comment sont classés les neuroblastomes ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
TRAITEMENTS : Quels sont les moyens pour lutter contre un neuroblastome ? . . 15
3.1 Quels sont les différents traitements possibles ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.1.1 La chirurgie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3.1.2 La radiothérapie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3.1.3 La chimiothérapie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3.2 Selon quels critères choisit-on les différents traitements ?. . . . . . . . . . . 18
3.3 Est-il possible de dépister un neuroblastome ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
LES RÉSULTATS : quelles sont les chances de guérison ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
LA SURVEILLANCE : les traitements sont terminés, que faut-il faire ? . . . . . . . . 22
GLOSSAIRE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
Sommaire
1
page
Comprendre
le neuroblastome
2
Un guide à l’usage de l’enfant, des parents et des familles.
Ce guide présente des informations sur le neuroblastome.
Ces informations sont destinées aux parents d’enfants
malades et à leur entourage. Il tente d'expliquer, avec des
mots que nous avons souhaités simples et clairs, ce que les
médecins savent actuellement du neuroblastome, de son
diagnostic et de ses traitements.
Pour les enfants de moins de 6 ans atteints de neuroblastome,
une bande dessinée intitulée “Raconte-moi le neuroblastome”
a été réalisée. Cette bande dessinée pourra être
lue par leur médecin ou leur parents.
Le guide “Comprendre le neuroblastome” a pour objectif
d’aider les parents d’enfants atteints de neuroblastome à
mieux comprendre cette maladie. Il doit leur permettre de
mieux suivre les différentes étapes du diagnostic, des traitements
et de la surveillance de leur enfant. Comprendre peut
aider à mieux vivre la maladie, les hospitalisations et les
traitements qui vont être proposés.
Sans remplacer les relations individuelles et personnelles
établies avec le médecin, ce guide est là pour aider les
parents à communiquer plus facilement avec lui. Un des
objectifs est de les aider à mieux poser leurs questions. En
effet, il est parfois difficile de formuler ce que l’on souhaite
dire. Ce guide peut permettre de retenir plus facilement
les explications du médecin, ainsi que celles de l’équipe
médicale. Le médecin ne sait pas toujours quelles sont les
attentes des parents, leurs questions, leurs difficultés ou
leurs inquiétudes. Il ne faut pas que les parents hésitent à
poser toutes les questions qui les préoccupent. Le médecin
fera son possible pour leur répondre et pourra les orienter
vers d’autres personnes si nécessaire.
Ces informations peuvent également être consultées à
domicile, ce qui permet d’en discuter avec des membres de
la famille ou de l’entourage. Chaque chapitre de ce guide se
lit indépendamment. Il peut être consulté en fonction des
préoccupations et des différents moments de la maladie de
l’enfant.
Un glossaire, situé à la fin du document explique le
vocabulaire médical souvent utilisé par l’équipe soignante.
Les mots qui se trouvent dans le glossaire sont accompagnés
d’un astérisque dans le texte.
Ce guide est issu du projet SOR SAVOIR PATIENT
(Standards, Options et Recommandations pour le Savoir
des Patients), projet mené par la Fédération Nationale des
Centres de Lutte Contre le Cancer (FNCLCC) et les
20 Centres de Lutte Contre le Cancer, en collaboration avec
la Ligue Nationale Contre le Cancer. Ce projet s’intègre
dans une démarche d’amélioration de la qualité des soins
des enfants atteints de cancer.
Les informations médicales de ce guide sont extraites
d’un document scientifique élaboré par des experts spécialistes
du neuroblastome, de la SFOP (Société Française
d’Oncologie Pédiatrique) : les Standards, Options et
Recommandations (appelés SOR). Ces SOR, destinés aux
spécialistes, résument les résultats des recherches publiées
dans les revues scientifiques dans le domaine du cancer.
Les SOR, écrits pour des médecins, sont disponibles, soit
sous forme d’un livret auprès de l’éditeur, soit sur
le site Internet de la FNCLCC (101, rue de Tolbiac 75013
PARIS - Tél : 01 44 23 04 04 - www.fnclcc.fr).
Le guide "Comprendre le neuroblastome" est une version
adaptée de ces SOR médicaux. Il s’agit d’une "traduction"
en langage non scientifique, réalisée par une équipe
pluri-disciplinaire (cf. membres du groupe de travail). Ce
guide a été ensuite adapté en fonction des besoins exprimés
par des parents d’enfants malades. L’ensemble des informations
médicales présentées dans ce guide a été validé
par des médecins spécialistes du neuroblastome (cf. liste
des relecteurs).
3
4
Membres du groupe de travail
C. Bergeron, Centre Léon Bérard, Lyon (oncocologue pédiatre, coordonnateur
du groupe de travail) ; J. Carretier, FNCLCC, Paris (chargé de mission
en santé) ; V. Delavigne, Université de Rouen, Mont Saint Aignan (linguiste) ;
F. Demma, Lyon (infirmière) ; E. Esteves, FNCLCC, Paris (secrétaire) ;
B. Fervers, FNCLCC, Paris (oncologue médicale, coordinatrice des SOR) ;
L. Leichtnam, FNCLCC, Paris (chargée de mission en santé) ; T. Philip,
Centre Léon Bérard, Lyon (Pédiatre, Président de la FNCLCC et Directeur des
SOR) ; M. Véron, FNCLCC, Paris (cadre infirmier).
Relecteurs
C. Carrie, Centre Léon Bérard, Lyon ; V. Combaret, Centre Léon Bérard, Lyon ;
O. Hartmann, Institut Gustave Roussy, Villejuif ; H. Rubie, Hôpital des
Enfants, Toulouse ; P. Thiesse, Centre Léon Bérard, Lyon ; membres du bureau
de la SFOP.
Membres du comité d’organisation des SOR
A. Bataillard, FNCLCC, Paris (médecin généraliste, méthodologiste) ;
P. Bey, Centre Alexis Vautrin, Vandoeuvre-les-Nancy (radiothérapeute, membre
du Bureau exécutif) ; M.P. Blanc-Vincent, FNCLCC, Paris (pharmacien,
responsable méthodologiste) ; J. Carretier, FNCLCC, Paris (chargé de
mission en santé, méthodologiste) ; S. Debuiche, FNCLCC, Paris (chargée de la
gestion administrative et logistique) ; V. Delavigne ; Université de Rouen, Mont
Saint Aignan (linguiste) ; F. Farsi, Centre Léon Berard, Lyon (médecin de Santé
Publique, méthodologiste associée) ; B. Fervers, FNCLCC, Paris (oncologue
médicale, coordinatrice des SOR) ; G. Gory-Delabaere, FNCLCC, Paris
(pharmacien, méthodologiste) ; S. Guillo, FNCLCC, Paris (documentaliste) ;
H. Hoarau, Institut Bergonié (anthropologue) ; L. Leichtnam, FNCLCC, Paris
(chargée de mission en santé, méthodologiste) ; E. Luporsi, Centre Alexis Vautrin,
Vandoeuvre-les-Nancy (oncologue médicale, méthodologiste associée) ; T. Philip,
Centre Léon Bérard, Lyon (pédiatre, directeur des SOR, membre du Bureau
exécutif) ; J.L. Renaud-Salis, Institut Bergonié, Bordeaux (chirurgien, expert
associé) ; S. Theobald, Centre Paul Strauss, Strasbourg (médecin de Santé
Publique, méthodologiste associé) ; M. Véron, FNCLCC, Paris (cadre infirmier).
Le Neuroblastome
1.1 Qu’est-ce que le neuroblastome ?
Le neuroblastome est un cancer*. Il est découvert le plus
souvent chez l’enfant avant l’âge de 6 ans.
1.2 Qu’est-ce qu’un cancer ?
Le cancer est une maladie de la cellule*. La cellule est l’unité
de base de la vie. Il existe dans le corps plus de deux cents
types de cellules différentes (cellule musculaire, cellule de la
peau, cellule du sang, cellule des os, cellule nerveuse, etc.).
Chacune a un rôle précis. C’est grâce à la reproduction
des cellules normales que le corps humain peut grandir
jusqu’à l’âge adulte, que les cellules mortes sont
remplacées et que les blessures guérissent. Cette multiplication
est alors normale et indispensable à la vie. Une
cellule cancéreuse provient d’une cellule normale qui a
subi d’importantes modifications. Ces modifications
sont progressives : il faut une accumulation de plusieurs
modifications avant qu’une cellule devienne cancéreuse.
Les cellules cancéreuses se multiplient de manière
désordonnée au point de former une masse. Cette
masse est appelée "tumeur*". Les cellules cancéreuses
peuvent également envahir et détruire les tissus sains
avoisinants et empêcher leur fonctionnement normal.
Il arrive que les cellules cancéreuses se détachent de
la tumeur originale (dite "tumeur primitive") et se
propagent par les vaisseaux sanguins ou lymphatiques
vers d’autres parties du corps et y former une autre
tumeur, dite "tumeur secondaire" ou métastase*. Les
cellules de neuroblastome peuvent s’installer notamment
dans les os ou dans la moelle osseuse*. On parle alors de
neuroblastome métastatique ou disséminé.
1.3 Le neuroblastome est-il un cancer fréquent ?
Le neuroblastome est un cancer rare : 130 à 150 cas sont
diagnostiqués chaque année en France.
5
1
Chez les enfants de moins de 6 ans, le neuroblastome reste
néanmoins le cancer le plus fréquent. Il est bien connu des centres
spécialisés dans la prise en charge des cancers de l’enfant.
1.4 D’où vient le neuroblastome ?
L’enfant se développe à partir d’une seule cellule (qui est la
réunion d’un spermatozoïde et d’un ovule). Cette cellule va
se diviser pour en donner deux, puis quatre, puis huit, etc.
A force de se diviser et de se spécialiser, ces cellules vont
former un organisme constitué de milliards de cellules. Des
cellules vont s’assembler et composeront des tissus*.
Certains de ces tissus formeront des organes comme les os,
le coeur, les poumons, les muscles, la peau ; d’autres encore
constitueront ce qu’on appelle le système nerveux (le cerveau,
la moelle épinière* et les nerfs). Une partie du système nerveux
dirige certaines fonctions automatiques. On parle du système
nerveux autonome*.
Ce système nerveux autonome est
composé en partie d’un système
nerveux appelé "sympathique". Sans
que l’on sache encore très bien
pourquoi, il arrive qu’une cellule du
système nerveux sympathique devienne
anormale : elle se divise alors sans
aucun contrôle et finit par former une
tumeur appelée neuroblastome. Il est
important de comprendre que le neuroblastome
n’est pas une maladie unique
avec une cause unique et un traitement
unique. Il y a plusieurs formes de neuroblastomes
qui ont chacune leurs traitements
spécifiques. Le schéma ci-contre
montre la localisation du système nerveux
sympathique. Les neuroblastome
se développent au niveau de ce système
nerveux. C’est la raison pour laquelle les
neuroblastomes se trouvent le plus
souvent au niveau du ventre (sur une
glande* située au-dessus du rein : la
glande surrénale, ou de chaque côté de
la colonne vertébrale). Parfois, ils
apparaissent au niveau du thorax* et,
plus rarement, au niveau du cou.
Les cellules
de neuroblastome
30 % au niveau du thorax
50 % au niveau du ventre
10 % au niveau du pelvis
SYSTÈME NERVEUX SYMPATIQUE
LOCALISATIONS DES NEUROBLASTOMES
6
GANGLION
NERVEUX
SYMPATHIQUE
REIN
GLANDE
SURRÉNALE
10 % au niveau du cou
1.5 Quelles sont les causes du neuroblastome ?
On ne connaît pas actuellement les facteurs à l’origine du
développement d’un neuroblastome.
Aucun facteur ne semble lié à l’environnement (boisson,
alimentation, pollution, tabac) ou à la manière dont vivent
la famille et l’enfant. Il n’y a pas non plus de cause
infectieuse. Le neuroblastome n’est pas contagieux. Il ne
présente pas de facteur héréditaire puisque les familles dans
lesquelles on retrouve plus d’un cas de neuroblastome sont
extrêmement rares.
En revanche, nous savons qu’un neuroblastome présente
des anomalies dans le centre de la cellule (appelé "noyau"
de la cellule).
Ce noyau contient des petits bâtonnets que l’on
appelle les chromosomes*. Dans toutes les cellules
de l’homme, on retrouve toujours le même
nombre de chromosomes : 46. Chacun porte un
numéro. Ces chromosomes sont très importants :
chacun contient un très grand nombre de gènes*
qui servent à faire fonctionner normalement la
cellule. Il arrive que les chromosomes présentent
des anomalies qui atteignent certains gènes. Le
programme de fonctionnement est alors déréglé et la cellule
va se comporter de façon anormale.
Dans le noyau d’une cellule d’un neuroblastome, il arrive
qu’il y ait beaucoup trop de chromosomes. Parfois il peut
manquer un petit bout du chromosome 1. Parfois, il existe
un bout en plus sur le chromosome 17. Parfois encore, on
retrouve un gène qui se trouve sur le chromosome 2 copié à
plusieurs exemplaires et que l’on appelle gène MYCN*. Mais
nous ne connaissons pas encore les
raisons pour lesquelles ces anomalies
génétiques apparaissent.
Le bout en plus du chromosome 17,
le bout en moins du chromosome 1 et
les copies du gène MYCN sur le chromosome
2 favorisent la multiplication des
cellules de neuroblastome.
46 chromosomes
Gène MYCN amplifié
au niveau du noyau
7
Le Diagnostic
8
Cette partie du document doit vous permettre de repérer les étapes
nécessaires au diagnostic* du neuroblastome et de mieux comprendre
les différents examens et consultations que le médecin peut proposer.
Le diagnostic est la démarche qui permet de reconnaître la maladie
dont votre enfant souffre, de savoir si c’est un cancer ou non. Si c’est
un cancer, le médecin doit déterminer de quel type de cancer il s’agit,
quelle en est la gravité. Le médecin a donc besoin d'informations
complètes avant de proposer un traitement.
Le diagnostic permet d’identifier la maladie à l’origine des
signes* ou des symptômes* que présente l’enfant. Toutefois,
les signes et les symptômes qui amènent les parents à
consulter leur médecin ne sont pas toujours particuliers au
neuroblastome et peuvent faire penser à d’autres maladies.
En effet, il s’agit généralement de maux de ventre, de
douleurs dans les jambes ou au niveau des articulations, de
fatigue ou de fièvre. Parfois, la présence d’un hématome
apparu autour des deux yeux oriente le médecin vers
un diagnostic de neuroblastome. Dès que l’on suspecte
fortement un neuroblastome, votre enfant est confié à une
équipe spécialisée qui va procéder à un bilan*.
Le délai entre la découverte de quelque chose d'anormal et
le début d'un traitement peut sembler très long. Ce délai est
indispensable afin de réaliser un ensemble d’examens. Les
informations obtenues vont permettre d’établir un
diagnostic exact et précis. Celui-ci permet d’élaborer ensuite
un programme, c'est-à-dire de proposer le meilleur traitement
adapté à l’enfant ainsi qu’à sa maladie et la meilleure
façon de le réaliser.
2.1 Le bilan : quels sont les examens pratiqués
pour établir un diagnostic ?
2.1.1 L’EXAMEN CLINIQUE
Le médecin interroge les parents sur la santé de l’enfant
Comment savoir si c’est un neuroblastome ? 2
depuis sa naissance (maladies, accidents, etc.), ce qu’on
appelle les antécédents.
Le médecin interroge les parents et l’enfant pour connaître
l’histoire de la maladie, leur demande la façon dont les
signes* et les symptômes* sont apparus.
Ensuite, le médecin examine l’enfant afin de rechercher
d’éventuels signes anormaux : boule, hématome, endroit
douloureux, difficulté à bouger les membres, etc.
L’examen clinique permet de voir quels sont les autres
examens à réaliser.
Généralement, le bilan comprend : •des examens par prélèvements* (sang, urines), •différents examens radiologiques* qui ont pour but de
bien situer la tumeur, ses limites et sa taille (scintigraphie*,
échographie* et/ou scanner* et/ou IRM*), •des examens au microscope que l’on appelle examens
anatomo-pathologiques* : un fragment de la tumeur* et un
peu de moelle des os* sont observés au microscope. Ce
sont ces examens qui permettent de découvrir exactement
de quel type de tumeur il s’agit.
2.1.2 LES EXAMENS RADIOLOGIQUES
Les examens radiologiques et scintigraphiques ont pour
but de localiser la tumeur et de vérifier si elle s’est propagée
à d’autres parties du corps.
Les examens radiologiques et scintigraphiques montrent
des images de l’intérieur du corps. Ces examens sont
importants car grâce aux images obtenues, il est possible de
localiser exactement la tumeur et de déterminer si elle gêne
les organes et/ou les vaisseaux sanguins qui sont à proximité.
Ces examens permettent également de savoir si la tumeur
peut être enlevée totalement par chirurgie. Si ce n’est pas le
cas, les images montrent où il est possible d’effectuer un
prélèvement sur la tumeur afin de l’identifier.
Certains examens peuvent être faits rapidement, comme : •une échographie de l’abdomen, •une radiographie* des poumons.
9
10
D’autres examens nécessitent plus de préparation de
l’enfant. Ils demandent plus de temps.
C’est le cas du : •scanner ou de l’IRM, •de la scintigraphie.
Chez l’enfant de moins d’un an, une radiographie du
squelette entier peut être demandée.
2.1.2.1 L’échographie
L’échographie est un examen réalisé avec une sonde (sorte de
gros crayon) reliée à un écran de télévision et à un ordinateur.
Cette sonde envoie des ultrasons qui permettent de regarder
l’intérieur du corps à travers la peau. Cet examen est identique
à celui qui permet de voir l’enfant dans le ventre de la mère lors
d’une grossesse. Ces ultrasons sont arrêtés par l’air ou par les
os. L’échographie ne permet donc pas de tout voir.
L’enfant est allongé sur un lit. Le médecin radiologue passe
un produit sur la partie du corps de l’enfant à examiner. Ce
produit est un gel qui permet à la sonde de mieux glisser sur
la peau et de faciliter l’observation.
Cet examen n’est pas douloureux. Il nécessite souvent que l’enfant
soit à jeun. Sa durée est d’environ quinze minutes.
2.1.2.2 Le scanner
Le scanner est un gros anneau relié à un ordinateur
qui permet d’examiner avec précision
certaines parties du corps de l’enfant grâce à
des rayons X : le thorax, le ventre ou le crâne
par exemple.
L’enfant est installé sur un lit mobile qui se
déplace lentement à l’intérieur de l’anneau. Le
manipulateur est placé derrière une vitre
et explique à l’enfant ce qui se passe. Une
injection est faite au cours de l’examen.
Elle permet de mieux voir les vaisseaux sanguins. Au fur et à
mesure que le lit de l’enfant passe dans l’anneau, des photos
sont prises : elles apparaissent petit à petit sur l’écran.
Cet examen nécessite une piqûre mais n’est pas douloureux par la suite.
Scanner
Scintigraphie
ou mIBG
L’enfant doit être à jeun. Sa durée est d’environ une
demi-heure.
2.1.2.3 La scintigraphie
La scintigraphie permet de voir où
s’accumule un produit radioactif. Pour le
neuroblastome, le produit est la mIBG.
L’enfant est allongé sur un lit. Le produit lui est injecté par
piqûre la veille de l’examen. Grâce à une caméra spéciale
(gamma caméra), l’appareil qui se déplace autour de l’enfant
obtient des images des zones où le produit s’est accumulé.
Cet examen nécessite une piqûre mais n’est pas douloureux par la
suite. Sa durée varie de quinze minutes à une heure, parfois plus. Il
faut pouvoir rester immobile.
2.1.2.4 L’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique)
L’appareil qui permet de réaliser une IRM est une sorte
de tunnel relié à un ordinateur. L’IRM utilise un champ
magnétique. Elle permet d’observer avec précision le crâne, le
thorax ou l’abdomen. Un manipulateur installe l’enfant sur
un lit mobile. Il lui place sur la tête une sorte de casque de
cosmonaute qui enregistre le signal émis par le corps. Le lit
va se positionner lentement à l’intérieur du tunnel. Pendant
tout l’examen, il est recommandé de ne pas bouger car les
images seraient très floues. Comme pour le scanner, il
ne faut pas s’impatienter : l’ordinateur met du temps à
afficher les images qui ont été prises. La machine fait
du bruit comme un marteau piqueur, mais l’enfant peut
écouter de la musique avec un casque.
Cet examen nécessite une piqûre mais n’est pas douloureux par la
suite. Sa durée varie entre une demi-heure et trois quarts d’heure.
L’enfant doit rester immobile. Pour cela, un médicament donné
avant l’examen permet de le calmer.
2.1.3 LES EXAMENS PAR PRÉLÈVEMENTS (URINES, SANG)
2.1.3.1 L’examen des urines
Les catécholamines sont des substances que l’on trouve
normalement à des taux très faibles dans l’organisme.
11
12
Dans la majorité des neuroblastomes, la production de ces
catécholamines augmente fortement. Elles sont éliminées
par les urines de l’enfant. L’analyse des urines permet donc
de déterminer si le taux de catécholamines est trop élevé. Si
c’est le cas, on peut fortement soupçonner que la tumeur
est un neuroblastome. Trois types de catécholamines sont
dosés : l’acide homovanilique (HVA), l’acide vanylmandilique
(VMA) et la Dopamine. L’analyse de ces
substances dans les urines nécessite de recueillir les urines
de l’enfant durant vingt-quatre heures.
2.1.3.2 L’examen de sang
Les prises de sang permettent seulement de juger de la
façon dont les organes de l’enfant fonctionnent (le foie et
le rein en particulier). Rien dans le sang ne permet de
diagnostiquer un neuroblastome.
2.1.3.3 L’examen des cellules de neuroblastome :
l’examen anatomo-cyto-pathologique.
L’examen anatomo-cyto-pathologique* est indispensable car
c’est le seul qui garantit le diagnostic, autrement dit, qui
permet d’identifier la tumeur avec exactitude.
Qu’est-ce qui est nécessaire à cet examen ?
En vue de l’examen, un échantillon de la tumeur* est prélevé
par le radiologue ou par le chirurgien. Ce prélèvement se fait
habituellement sous anesthésie générale* (l’enfant est
complètement endormi).
On procède en même temps à des prélèvements dans la
moelle osseuse (organe qui fabrique le sang). Ce sont des
biopsies ostéo-médullaires* et des myélogrammes*. Les experts
internationaux se sont mis d’accord pour effectuer au
minimum deux biopsies ostéo-médullaires et quatre
myélogrammes.
Que fait le médecin chargé des examens anatomo-pathologiques ?
L’examen anatomo-pathologique, souvent abrégé en "anapath",
consiste à analyser au microscope un échantillon de la tumeur.
L’addition de certains produits colore les cellules* cancéreuses
qui sont ainsi repérables au microscope.
Cet examen est effectué par un médecin anatomo-pathologiste.
Le médecin anatomo-pathologiste confie des
échantillons au biologiste pour étudier les anomalies
de l’ADN (constituant essentiel des
chromosomes* de la cellule) des cellules cancéreuses.
Il examine notamment les anomalies du
gène MYCN*. Cela permet de savoir comment
s’attaquer aux cellules et de choisir ainsi au
mieux le traitement.
Le médecin anatomo-pathologiste examine également les
deux biopsies osseuses et les quatre myélogrammes. Ces
examens permettent de savoir si des cellules cancéreuses se
trouvent dans la moelle osseuse. Il faut savoir qu’on ne traite
jamais un enfant lorsqu’on ne fait que soupçonner un
neuroblastome, sauf certaines urgences. Un traitement ne
débute que lorsque le diagnostic de neuroblastome est
confirmé par l’examen anatomo-pathologique et que le
bilan complet a montré si cette tumeur était localisée ou si
des métastases* existaient.
Ces examens font partie des méthodes reconnues par
l’ensemble des experts. Ce sont des standards*.
2.2 Les différents types de neuroblastome
Les travaux de recherche permettent actuellement de
distinguer trois neuroblastomes différents : •une maladie qui peut guérir toute seule ou avec un
traitement très léger, •une maladie souvent guérissable avec un traitement adapté, •une troisième maladie très agressive plus difficile à guérir
et qui nécessite un traitement beaucoup plus fort.
L'âge de l'enfant lors du diagnostic (soit inférieur à un an,
soit égal ou supérieur à un an), le caractère localisé ou
13
Examen
de la tumeur
au microscope
14
disséminé et les anomalies du gène MYCN, suffisent actuellement
pour choisir le traitement le plus adapté en fonction
du neuroblastome.
2.2.1 COMMENT SONT CLASSÉS LES NEUROBLASTOMES ?
Différentes classifications des neuroblastomes ont été
établies, variables selon les pays. Ces classifications ont
pour but de distinguer les différents types de neuroblastomes,
afin d’adapter le traitement. En 1993, des spécialistes européens
et américains ont décidé de proposer une classification
internationale qui doit permettre de comparer les
résultats des différents traitements. Cette classification
porte le nom d’International Neuroblastoma Staging
System (INSS*). La classification TNM renseigne sur la taille
de la tumeur (T), le nombre de ganglions* atteints (N : en
anglais ganglion se dit "Node") et enfin, sur la présence ou
non de métastases* (M). Les classifications TNM et l'INSS
sont les deux classifications utilisées en Europe.
Quelle que soit la classification employée, l’important est de
savoir si la tumeur est métastatique (disséminée) ou non :
•si les cellules sont restées à l’intérieur de la tumeur primitive
et ne sont pas allées vers d’autres organes ou d’autres
régions du corps, on parle de neuroblastome localisé ;
•si certaines cellules ont quitté la tumeur, on parle de
neuroblastome disséminé.
Les neuroblastomes disséminés ou métastatiques correspondent
aux neuroblastomes dont certaines cellules ont quitté la
tumeur. Les cellules ont envahi d’autres organes ou régions
du corps notamment la moelle osseuse* et les os. C’est le cas
pour cinq enfants sur dix lorsque le neuroblastome est
découvert après l’âge d’un an. Cette dissémination n’est
pas due à un retard de diagnostic, mais aux caractéristiques
spécifiques de certains neuroblastomes.
15
EN RÉSUMÉ
Le neuroblastome est un cancer de l’enfant qui se
développe généralement avant 6 ans.
C’est un cancer qui doit être pris en charge dans des
centres spécialisés dans les traitements des cancers de
l’enfant. Dès lors que l’on soupçonne un neuroblastome,
des examens doivent être réalisés. Ce sont : •une analyse des urines, •des examens radiologiques (échographie abdominale,
scanner, scintigraphie ou IRM), •un examen de la tumeur et de la moelle osseuse, •un examen du noyau des cellules pour étudier ses
anomalies et le gène MYCN en particulier.
On peut alors identifier le type de neuroblastome et
adapter le traitement.
16
Différents traitements sont possibles pour soigner
un enfant qui présente un neuroblastome. Chacun de ces
traitements est bien connu par les centres spécialisés
des cancers de l’enfant. Afin de déterminer le traitement
adapté, efficace et présentant le moins de risques pour
l’enfant, plusieurs spécialistes (médecin radiologue,
chirurgien, radiothérapeute, pédiatre cancérologue)
se concertent. La décision est donc multidisciplinaire.
La coordination entre chacun est essentielle pour assurer à
l’enfant les meilleures chances de guérison. C’est le pédiatre
cancérologue qui organise cette coordination.
3.1 Quels sont les différents traitements possibles ?
Il n’existe pas de traitement universel. Les traitements sont
proposés dans le cadre de la recherche scientifique. C’est la
seule voie connue pour soigner au mieux les enfants. Les
études scientifiques ont déterminé les meilleurs traitements
pour chaque type de neuroblastome en fonction de l’âge
de l’enfant. Les protocoles, qui décrivent de façon précise
les conditions et le déroulement du traitement, sont
nationaux et parfois internationaux.
On distingue deux types de traitements possibles :
•les traitements loco-régionaux : la tumeur* est enlevée ou
détruite directement à l’endroit où elle se trouve. Les traitements
loco-régionaux sont la chirurgie et la radiothérapie* ;
•les traitements généraux. Ce sont des traitements qui
agissent dans tout l’organisme de l’enfant, à la fois sur
la tumeur et là où peuvent se trouver les métastases*. C’est
le cas de la chimiothérapie*.
Traitements Quels sont les moyens pour lutter contre
un neuroblastome ?
3
3.1.1 LA CHIRURGIE
La chirurgie est une arme importante pour le traitement du
neuroblastome. Le but de ce traitement local est d’enlever
la tumeur. La chirurgie devra être la plus complète possible,
c’est-à-dire ôter dans la mesure du possible la totalité de la
tumeur, sans prendre de risques vitaux pour l’enfant.
Les différentes images radiologiques (scanner ou IRM*)
obtenues lors du bilan diagnostique* permettent d’évaluer les
risques de la chirurgie.
3.1.2 LA RADIOTHÉRAPIE
Comme la chirurgie, la radiothérapie* est un traitement locorégional
du cancer : elle permet d’éliminer directement
la tumeur à l’endroit où elle se trouve. Cette technique
consiste à utiliser des rayons* (appelés rayons X ou photons)
qui vont atteindre la tumeur, abîmer les
cellules cancéreuses et les rendre incapables
de se diviser. Si les cellules ne peuvent plus se
diviser, elles disparaîtront.
La radiothérapie est utilisée depuis longtemps
pour traiter les cancers. Dans le cas précis
du neuroblastome, les études scientifiques
internationales ont montré l’efficacité de ce
traitement. La décision de faire ou non
une radiothérapie dépend du type et du stade de neuroblastome
ainsi que de l'âge de l’enfant. La radiothérapie
entraîne chez le petit enfant des troubles de croissance et
cette complication joue un rôle dans le choix du traitement.
3.1.3 LA CHIMIOTHÉRAPIE
La chimiothérapie consiste à traiter le cancer* par des
produits chimiques : les médicaments. Ces médicaments
sont appelés médicaments anti-tumoraux (contre la
tumeur) ou anticancéreux (contre le cancer). Ces
médicaments agissent par voie générale, c'est-à-dire qu’ils
ont un effet à la fois sur la tumeur et dans l'ensemble du
corps. Ces médicaments sont introduits dans des veines par
l’intermédiaire d’un tuyau appelé cathéter* ou chambre
implantable selon sa forme. Le but de ces médicaments est
de détruire les cellules cancéreuses quel que soit l’endroit
où elles se trouvent, et d’empêcher leur division, ce qui va
provoquer leur disparition.
17
Séance
de radiothérapie
18
Les médicaments de chimiothérapie sont nombreux.
L’action d’un médicament utilisé seul peut ne pas être
suffisante. C’est pourquoi ils sont associés entre eux : cela
permet d’augmenter leur efficacité. Les combinaisons
de plusieurs médicaments de chimiothérapie
composent ce qu’on appelle des protocoles
de chimio-thérapie. Ces protocoles de chimiothérapie
sont particuliers à chaque cancer. Ils
sont établis en fonction de leur efficacité sur le
cancer et de leurs effets toxiques sur l’organisme
(ils peuvent en effet provoquer des effets
secondaires* ou des séquelles*). Les doses de ces
médicaments sont ensuite calculées en fonction
du poids de l’enfant et de sa taille.
Le neuroblastome est une tumeur "chimiosensible",
c’est-à-dire que les chimiothérapies
peuvent la faire diminuer de volume.
Les principaux médicaments utilisés sont : •le cyclophosphamide ; •la doxorubicine (produit rouge) ; •l’étoposide ; •les sels de platine ; •la vincristine.
Si la chimiothérapie est toxique pour la tumeur, elle entraîne
des effets secondaires tels que des nausées et vomissements,
une alopécie (perte de cheveux temporaire), une
aplasie* et parfois, en fonction des médicaments et doses
administrés, une stérilité définitive.
3.2 Selon quels critères choisit-on les différents
traitements ?
Différents traitements sont possibles pour soigner un
enfant atteint d’un neuroblastome. Le choix de ces
traitements dépend : •de l’âge de l’enfant (moins ou plus d’un an) ; •du stade de neuroblastome (localisé ou disséminé) ; •des anomalies de la cellule du neuroblastome (copies du
gène MYCN* ou non).
3
2
1
4
1. Chambre
2. Pansement
post-opératoire
3. Cathéter
sous-cutané
4. Cathéter
intraveineux
Chambre
implantable
et cathéter
Ce neuroblastome disséminé du jeune enfant est appelé 4 S,
“S” comme spécial, à cause de sa présentation particulière.
Cette forme particulière de neuroblastome disséminé
atteint le plus souvent les enfants de moins de 6 mois. C’est
le foie qui est le plus fréquemment touché par les métastases
du neuroblastome. Il existe deux situations différentes
en fonction des signes et des symptômes que présente l’enfant
: •Soit l’enfant a des symptômes ou des signes graves (très
gros ventre, gêne pour respirer, etc…) : cette forme de
neuroblastome est une forme dite “bruyante”. Il convient
alors de proposer rapidement un traitement par chimiothérapie*
tout en adaptant les doses au poids de l’enfant.
Une légère radiothérapie sur le foie est parfois nécessaire ;
•Soit il n’y a pas de symptôme ou de signe grave : c’est la
forme “calme”. Ces enfants sont alors à surveiller très
attentivement. En effet, il arrive que le neuroblastome
disparaisse spontanément sans avoir besoin de procéder
au moindre traitement. Parfois, cette forme “calme”
peut devenir “bruyante” et nécessite alors un traitement.
Dans tous les cas, ces enfants doivent être surveillés et traités
dans un service de cancérologie pédiatrique. Il est préférable
d’effectuer une chirurgie sur la première tumeur
(la tumeur primitive) quand les métastases ont diminué.
3.3 Est-il possible de dépister un neuroblastome ?
Le dépistage consiste à pratiquer des examens dans le but
de rechercher une maladie (un cancer par exemple) à un
stade très précoce. Dans le cas du neuroblastome, le fait
que l’on puisse trouver des catécholamines (HVA,
VMA) dans les urines de l’enfant est un moyen de dépistage
possible.
19
20
RÉSUMÉ
Trois moyens sont disponibles pour lutter contre le neuroblastome
: • la chirurgie, • la radiothérapie, • la chimiothérapie.
Le choix de ces traitements dépend : • de l’âge de l’enfant (avant ou après l’âge d’un an), • du stade du neuroblastome (localisé ou disséminé), • de la biologie du neuroblastome (copies
du MYCN ou non).
Dans le cas du neuroblastome 4S, l’état clinique de votre
enfant guidera la mise en route du traitement en une simple
surveillance au départ. Cette surveillance est faite par l’équipe
qui vous a pris en charge. La chimiothérapie et la chirurgie
sont les “armes” utilisées pour le traitement s’il est nécessaire.
La radiothérapie peut parfois compléter le traitement
en cas de nécessité.
Un dépistage systématique a été effectué dans le cadre très
particulier de la recherche médicale. Ainsi, des spécialistes
ont réalisé des études au Japon, en France à Lyon et au
Canada. Ces études n’ont pas permis de montrer un avantage
au dépistage systématique. En effet, ce dépistage n’a
découvert que des neuroblastomes qui guérissent tout
seuls, sans qu’aucun traitement soit nécessaire. Il n’a pas
permis de diminuer pour autant le nombre de neuroblastomes
pour lesquels un traitement est indispensable.
Une conférence de consensus à Lyon, en 1998, a réuni les
experts internationaux du neuroblastome. Le jury de cette
conférence a conclu que le dépistage du neuroblastome
avant l’âge de 6 mois ne présente pas d’avantage.
21
En cancérologie vous entendez parler de rémission complète
qui correspond à une étape indispensable sur le chemin de
la guérison. Ceci signifie que les examens à notre disposition
actuellement ne permettent plus de déceler la maladie.
En effet, nous ne pouvons pas savoir s’il reste des cellules
cancéreuses (au niveau microscopique). C’est pour cela
qu’une surveillance attentive de l’enfant est effectuée.
Les chiffres qui sont donnés ci-dessous proviennent d’études
scientifiques réalisées sur beaucoup d’enfants atteints par
un neuroblastome. Il ne s’agit que de chiffres indicatifs.
Dans le cas particulier du neuroblastome 4S, on guérit
entre 75 % et 85 % des enfants.
Les résultats Quelles sont les chances de guérison ? 4
22
La surveillance a pour but de : •déceler le plus tôt possible une éventuelle rechute* afin de
reprendre rapidement un traitement destiné à guérir
l’enfant ; •rechercher d’éventuelles complications liées aux traitements
qui ont été effectués.
La surveillance Les traitements sont terminés, que faut-il faire ? 5
23
Glossaire Ce glossaire concerne spécifiquement l’explication des termes en rapport
avec le présent document "Comprendre le neuroblastome".
Un dictionnaire plus complet sur l’ensemble des cancers figure dans le livre
"Les cancers de A à Z". Ce dictionnaire est disponible sur le site internet de
la Fédération Nationale des Centres de Lutte Contre le Cancer
(www.fnclcc.fr) et également chez l’éditeur à l’adresse suivante : Editions
FRISON-ROCHE - 18, rue Dauphine - 75006 Paris - Tél. 01.40.46.94.91.
* : voir ce mot
A
Anatomo-cyto-pathologie : examen au microscope de cellules* (cytologie) ou de
tissus* (histologie) de l’organisme.
La cytologie* et l'histologie* sont les deux techniques de l'examen anatomo-cytopathologique.
L’histologie établit de façon sûre le diagnostic* de cancer. De plus,
cet examen permet de déterminer le type de cancer dont il s’agit.
Anatomo-pathologiste : médecin spécialiste qui examine des cellules et des
tissus au microscope.
Anesthésie : acte qui consiste à endormir et rendre insensible le patient
(anesthésie générale) ou une partie du corps (anesthésie locale ou partielle)
pendant une intervention chirurgicale.
Aplasie : très forte diminution des globules blancs, accompagnée d’une baisse
des autres éléments du sang (globules rouges et plaquettes). C’est un effet
secondaire, temporaire, de certains médicaments de chimiothérapie*.
B
Bilan : un bilan évalue l’état de santé d’une personne. Au terme de ce bilan,
le médecin dispose de renseignements qui lui permettent de proposer un
traitement adapté à la situation.
Le bilan diagnostique a pour but de déterminer s'il s'agit bien d'un cancer et
d'identifier le type de cancer. Le bilan d'extension recherche l’étendue du cancer
et la présence ou non de métastases* dans d'autres organes.
Biopsie ostéo-médullaire : prélèvement de la moelle des os qui est analysé au
microscope. Ce prélèvement est réalisé par un médecin et se fait sous anesthésie*
générale.
6
24
C
Cancer/Tumeur maligne : cellules anormales qui se multiplient de façon
incontrôlée. Elles finissent par former une masse qu’on appelle tumeur maligne.
Cathéter : tuyau souple et fin introduit dans une veine afin d’y injecter un
produit ou des médicaments, ou pour faire une prise de sang.
Le cathéter améliore le confort de l’enfant qui n’a pas besoin de subir une
piqûre à chaque injection. Il diminue le risque d’abîmer les veines et facilite les
perfusions de chimiothérapie*.
Cellule : élément visible au microscope dont est constitué tout organisme vivant.
Plantes et animaux sont composés de cellules très différentes qui se multiplient,
meurent et se renouvellent.
Des cellules identiques assemblées entre elles forment un tissu*.
Les cellules cancéreuses sont des cellules qui se sont modifiées et se multiplient
de façon anormale. Voir cancer*.
Chimiothérapie (Chimio) : traitement général du cancer* à l’aide de médicaments.
Les médicaments anticancéreux visent à détruire les cellules* cancéreuses
ou à les empêcher de se multiplier, entraînant leur mort. Ces médicaments peuvent
être administrés par piqûres ou perfusions ou parfois sous forme de comprimés.
Chromosome : les chromosomes sont de petits bâtonnets situés dans le noyau
de la cellule, contenant l’ensemble des gènes.
Cytaphérèse : technique qui permet de prélever dans le sang des cellules
(cellules souches) qui pourront venir se loger dans la moelle osseuse* et refabriquer
à nouveau du sang.
D
Diagnostic : c’est la démarche qui identifie la maladie à l'origine des signes* ou
des symptômes* ressentis ou observés par le patient. Le diagnostic permet de
reconnaître la maladie dont l’enfant souffre. Voir bilan*.
E
Echographie : technique d'examen qui montre des images d'une partie du corps
ou de certains organes à l’aide d’ultrasons. Il s’agit d’un examen d'imagerie.
Effet secondaire : les traitements ont pour but de soigner le cancer*. Parfois, ils
entraînent des conséquences désagréables pour le malade qu’on appelle des
effets secondaires. Il y a deux types d’effets secondaires : les effets secondaires
immédiats et les effets secondaires tardifs.
Les effets secondaires immédiats sont des effets à court terme : nausées, perte
de cheveux, etc. Temporaires, ils disparaissent généralement après la fin des traitements.
Les effets secondaires tardifs sont des effets à long terme et peuvent persister
25
longtemps après l’arrêt des traitements, parfois jusqu’à la fin de la vie. Ils sont
alors appelés séquelles.
Si les effets secondaires sont fréquents, ils n’apparaissent pas de façon obligatoire
ni systématique. Ils dépendent des traitements reçus, des doses administrées, du
type de cancer* et de la façon dont chacun réagit aux traitements.
Examen radiologique : examen qui permet d’obtenir des images d’une partie du
corps ou des organes. Il s’agit d’un examen d'imagerie. Il existe différents types
d’examens radiologiques : échographie*, scanner*, IRM*, scintigraphie*).
G
Ganglion : les ganglions sont de petits renflements répartis le long des vaisseaux
lymphatiques* et disposés dans certaines parties du corps.
Les ganglions jouent un rôle essentiel dans la protection du corps contre les
infections ou les cellules* cancéreuses. Ils sont soit superficiels (dans le cou,
l’aisselle, l’aine), soit profonds (dans l’abdomen, le thorax). Ils mesurent normalement
moins d‘un centimètre de diamètre.
Gène : petite partie d’un chromosome* comportant une information indispensable
au fonctionnement de la cellule.
I
INSS (International Neuroblatoma Staging System) : classification internationale
qui différencie les neuroblastomes par stade (1 à 4) selon le type de la tumeur et
ses caractéristiques (taille, opérabilité et dissémination vers d’autres organes).
IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) : technique d’examen qui montre
des images d’une partie du corps ou des organes. Cette technique d’imagerie
repose sur la différence de magnétisme des tissus.
L
Lymphatique (système lymphatique) : le système lymphatique est composé
d'un ensemble de ganglions* et de vaisseaux lymphatiques.
Les ganglions jouent un rôle essentiel dans la protection de l’organisme contre
les infections ou les cellules* cancéreuses.
M
Métastase : migration (on dit aussi dissémination ou propagation) de cellules*
cancéreuses qui proviennent d'une tumeur primaire et qui se développent dans
un autre organe. On parle aussi de maladie métastatique ou de localisation
secondaire du cancer.
26
Moelle osseuse : substance se trouvant à l’intérieur des os qui produit les différentes
cellules du sang (globules rouges qui transportent l’oxygène, globules blancs qui
défendent l’organisme contre les infections et plaquettes qui arrêtent les saignements
et permettent la cicatrisation).
N
MYCN (Gène MYCN) : petite partie du chromosome* n°2. Ce gène a un rôle dans
la division de la cellule. Quand il est copié en plusieurs exemplaires, la division
s’accélère.
P
Ponction/Prélèvement : ce geste consiste à introduire une aiguille dans une partie
du corps afin de prélever du tissu*, des cellules*, du liquide ou du sang, en
fonction du type d’analyses à réaliser.
En cas de prélèvement de cellules, on parle de ponction cytologique ; en cas de
prélèvement de tissu, on parle de biopsie*.
Prélèvement : Voir ponction*.
R
Radiographie : technique d'examen qui permet d’obtenir des images d'une
partie du corps à l’aide de rayons X. Il s’agit d’un examen d'imagerie.
Radiothérapie : traitement local du cancer* à l’aide d’un appareil qui émet des
rayons. Ces rayons dirigés vers la tumeur vont la détruire.
Ce traitement se fait dans un service spécialisé de radiothérapie. On parle aussi
de rayons.
Rayons : voir radiothérapie*.
Rechute/Récidive : réapparition des signes ou des symptômes* signalant la
présence du cancer. Cette réapparition peut survenir très tôt après les
traitements, mais aussi après une longue période de guérison apparente.
Récidive : voir rechute*.
Rémission : diminution, voire disparition des signes* ou des symptômes du
cancer.
S
Scanner : technique d’examen qui permet d’obtenir des images du corps en
coupes, à l’aide de rayons X. Il s’agit d’un examen d’imagerie.
27
Scintigraphie : technique d’examen qui montre des images du squelette osseux
ou de la tumeur. Cette technique d’imagerie utilise des produits faiblement
radioactifs qui, une fois injectés, se fixent sur les tissus osseux.
Séquelle : voir effet secondaire*.
Signe/Symptôme : manifestation anormale observée par le patient ou par le médecin.
Standard : un traitement est un standard lorsqu’il a été validé par des essais
thérapeutiques. Ces études ont montré que, pour une même situation, les bénéfices
de ce traitement sont clairement supérieurs à ceux des autres traitements.
Le traitement standard est proposé de façon systématique dans une situation
donnée. Il peut arriver que le médecin ne puisse pas appliquer le traitement
standard du fait de facteurs particuliers à l’enfant ou à sa maladie. Le médecin
propose alors un ou plusieurs traitements mieux adaptés à la situation.
Sternum : os plat situé en avant de la cage thoracique.
Système nerveux autonome : système nerveux qui dirige certaines fonctions
automatiques du corps. Ce système nerveux est constitué de deux parties : le
système parasympathique et le système sympathique. C’est dans le
système nerveux sympathique que peut se développer un neuroblastome.
T
Thorax : partie du corps dans laquelle se logent le coeur et les poumons, sous
les côtes et le sternum*.
Tissu : ensemble de cellules identiques qui ont une même fonction (tissu
musculaire, tissu osseux par exemple).
Tumeur : voir cancer*.
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Tél : 01 44 23 04 62 - Fax : 01 44 23 04 17
Tous droits réservés
Ce document n’a pas la prétention de vous donner toutes
les informations sur les traitements et leurs complications car
c’est un support ciblé sur la maladie qu’est le neuroblastome.
Ce support est visuel et son objectif est de vous aider à mieux
comprendre la maladie de votre enfant.
Ce document vous a été remis par le Docteur :
qui pourra répondre à vos questions.
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Comprendre le neuroblastome. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
LE NEUROBLASTOME . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1 Qu’est-ce que le neuroblastome ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Qu’est-ce qu’un cancer ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Le neuroblastome est-il un cancer fréquent ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.4 D’où vient le neuroblastome ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.5 Quelles sont les causes du neuroblastome ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
LE DIAGNOSTIC : comment savoir si c’est un neuroblastome ?. . . . . . . . . . . . . . . 8
2.1 Le bilan : quels sont les examens pratiqués pour établir un diagnostic ? 8
2.1.1 L’examen clinique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.1.2 Les examens radiologiques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.1.2.1 L’échographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.1.2.2 Le scanner . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.1.2.3 La scintigraphie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.1.2.4 L’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.3 Les examens par prélèvements (urines, sang) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.3.1 L’examen des urines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.1.3.2 L’examen de sang. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.1.3.3 L’examen des cellules de neuroblastome :
l’examen anatomo-cyto-pathologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.2 Les différents types de neuroblastome. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.2.1 Comment sont classés les neuroblastomes ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
TRAITEMENTS : Quels sont les moyens pour lutter contre un neuroblastome ? . . 15
3.1 Quels sont les différents traitements possibles ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.1.1 La chirurgie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3.1.2 La radiothérapie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3.1.3 La chimiothérapie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3.2 Selon quels critères choisit-on les différents traitements ?. . . . . . . . . . . 18
3.3 Est-il possible de dépister un neuroblastome ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
LES RÉSULTATS : quelles sont les chances de guérison ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
LA SURVEILLANCE : les traitements sont terminés, que faut-il faire ? . . . . . . . . 22
GLOSSAIRE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
Sommaire
1
page
Comprendre
le neuroblastome
2
Un guide à l’usage de l’enfant, des parents et des familles.
Ce guide présente des informations sur le neuroblastome.
Ces informations sont destinées aux parents d’enfants
malades et à leur entourage. Il tente d'expliquer, avec des
mots que nous avons souhaités simples et clairs, ce que les
médecins savent actuellement du neuroblastome, de son
diagnostic et de ses traitements.
Pour les enfants de moins de 6 ans atteints de neuroblastome,
une bande dessinée intitulée “Raconte-moi le neuroblastome”
a été réalisée. Cette bande dessinée pourra être
lue par leur médecin ou leur parents.
Le guide “Comprendre le neuroblastome” a pour objectif
d’aider les parents d’enfants atteints de neuroblastome à
mieux comprendre cette maladie. Il doit leur permettre de
mieux suivre les différentes étapes du diagnostic, des traitements
et de la surveillance de leur enfant. Comprendre peut
aider à mieux vivre la maladie, les hospitalisations et les
traitements qui vont être proposés.
Sans remplacer les relations individuelles et personnelles
établies avec le médecin, ce guide est là pour aider les
parents à communiquer plus facilement avec lui. Un des
objectifs est de les aider à mieux poser leurs questions. En
effet, il est parfois difficile de formuler ce que l’on souhaite
dire. Ce guide peut permettre de retenir plus facilement
les explications du médecin, ainsi que celles de l’équipe
médicale. Le médecin ne sait pas toujours quelles sont les
attentes des parents, leurs questions, leurs difficultés ou
leurs inquiétudes. Il ne faut pas que les parents hésitent à
poser toutes les questions qui les préoccupent. Le médecin
fera son possible pour leur répondre et pourra les orienter
vers d’autres personnes si nécessaire.
Ces informations peuvent également être consultées à
domicile, ce qui permet d’en discuter avec des membres de
la famille ou de l’entourage. Chaque chapitre de ce guide se
lit indépendamment. Il peut être consulté en fonction des
préoccupations et des différents moments de la maladie de
l’enfant.
Un glossaire, situé à la fin du document explique le
vocabulaire médical souvent utilisé par l’équipe soignante.
Les mots qui se trouvent dans le glossaire sont accompagnés
d’un astérisque dans le texte.
Ce guide est issu du projet SOR SAVOIR PATIENT
(Standards, Options et Recommandations pour le Savoir
des Patients), projet mené par la Fédération Nationale des
Centres de Lutte Contre le Cancer (FNCLCC) et les
20 Centres de Lutte Contre le Cancer, en collaboration avec
la Ligue Nationale Contre le Cancer. Ce projet s’intègre
dans une démarche d’amélioration de la qualité des soins
des enfants atteints de cancer.
Les informations médicales de ce guide sont extraites
d’un document scientifique élaboré par des experts spécialistes
du neuroblastome, de la SFOP (Société Française
d’Oncologie Pédiatrique) : les Standards, Options et
Recommandations (appelés SOR). Ces SOR, destinés aux
spécialistes, résument les résultats des recherches publiées
dans les revues scientifiques dans le domaine du cancer.
Les SOR, écrits pour des médecins, sont disponibles, soit
sous forme d’un livret auprès de l’éditeur, soit sur
le site Internet de la FNCLCC (101, rue de Tolbiac 75013
PARIS - Tél : 01 44 23 04 04 - www.fnclcc.fr).
Le guide "Comprendre le neuroblastome" est une version
adaptée de ces SOR médicaux. Il s’agit d’une "traduction"
en langage non scientifique, réalisée par une équipe
pluri-disciplinaire (cf. membres du groupe de travail). Ce
guide a été ensuite adapté en fonction des besoins exprimés
par des parents d’enfants malades. L’ensemble des informations
médicales présentées dans ce guide a été validé
par des médecins spécialistes du neuroblastome (cf. liste
des relecteurs).
3
4
Membres du groupe de travail
C. Bergeron, Centre Léon Bérard, Lyon (oncocologue pédiatre, coordonnateur
du groupe de travail) ; J. Carretier, FNCLCC, Paris (chargé de mission
en santé) ; V. Delavigne, Université de Rouen, Mont Saint Aignan (linguiste) ;
F. Demma, Lyon (infirmière) ; E. Esteves, FNCLCC, Paris (secrétaire) ;
B. Fervers, FNCLCC, Paris (oncologue médicale, coordinatrice des SOR) ;
L. Leichtnam, FNCLCC, Paris (chargée de mission en santé) ; T. Philip,
Centre Léon Bérard, Lyon (Pédiatre, Président de la FNCLCC et Directeur des
SOR) ; M. Véron, FNCLCC, Paris (cadre infirmier).
Relecteurs
C. Carrie, Centre Léon Bérard, Lyon ; V. Combaret, Centre Léon Bérard, Lyon ;
O. Hartmann, Institut Gustave Roussy, Villejuif ; H. Rubie, Hôpital des
Enfants, Toulouse ; P. Thiesse, Centre Léon Bérard, Lyon ; membres du bureau
de la SFOP.
Membres du comité d’organisation des SOR
A. Bataillard, FNCLCC, Paris (médecin généraliste, méthodologiste) ;
P. Bey, Centre Alexis Vautrin, Vandoeuvre-les-Nancy (radiothérapeute, membre
du Bureau exécutif) ; M.P. Blanc-Vincent, FNCLCC, Paris (pharmacien,
responsable méthodologiste) ; J. Carretier, FNCLCC, Paris (chargé de
mission en santé, méthodologiste) ; S. Debuiche, FNCLCC, Paris (chargée de la
gestion administrative et logistique) ; V. Delavigne ; Université de Rouen, Mont
Saint Aignan (linguiste) ; F. Farsi, Centre Léon Berard, Lyon (médecin de Santé
Publique, méthodologiste associée) ; B. Fervers, FNCLCC, Paris (oncologue
médicale, coordinatrice des SOR) ; G. Gory-Delabaere, FNCLCC, Paris
(pharmacien, méthodologiste) ; S. Guillo, FNCLCC, Paris (documentaliste) ;
H. Hoarau, Institut Bergonié (anthropologue) ; L. Leichtnam, FNCLCC, Paris
(chargée de mission en santé, méthodologiste) ; E. Luporsi, Centre Alexis Vautrin,
Vandoeuvre-les-Nancy (oncologue médicale, méthodologiste associée) ; T. Philip,
Centre Léon Bérard, Lyon (pédiatre, directeur des SOR, membre du Bureau
exécutif) ; J.L. Renaud-Salis, Institut Bergonié, Bordeaux (chirurgien, expert
associé) ; S. Theobald, Centre Paul Strauss, Strasbourg (médecin de Santé
Publique, méthodologiste associé) ; M. Véron, FNCLCC, Paris (cadre infirmier).
Le Neuroblastome
1.1 Qu’est-ce que le neuroblastome ?
Le neuroblastome est un cancer*. Il est découvert le plus
souvent chez l’enfant avant l’âge de 6 ans.
1.2 Qu’est-ce qu’un cancer ?
Le cancer est une maladie de la cellule*. La cellule est l’unité
de base de la vie. Il existe dans le corps plus de deux cents
types de cellules différentes (cellule musculaire, cellule de la
peau, cellule du sang, cellule des os, cellule nerveuse, etc.).
Chacune a un rôle précis. C’est grâce à la reproduction
des cellules normales que le corps humain peut grandir
jusqu’à l’âge adulte, que les cellules mortes sont
remplacées et que les blessures guérissent. Cette multiplication
est alors normale et indispensable à la vie. Une
cellule cancéreuse provient d’une cellule normale qui a
subi d’importantes modifications. Ces modifications
sont progressives : il faut une accumulation de plusieurs
modifications avant qu’une cellule devienne cancéreuse.
Les cellules cancéreuses se multiplient de manière
désordonnée au point de former une masse. Cette
masse est appelée "tumeur*". Les cellules cancéreuses
peuvent également envahir et détruire les tissus sains
avoisinants et empêcher leur fonctionnement normal.
Il arrive que les cellules cancéreuses se détachent de
la tumeur originale (dite "tumeur primitive") et se
propagent par les vaisseaux sanguins ou lymphatiques
vers d’autres parties du corps et y former une autre
tumeur, dite "tumeur secondaire" ou métastase*. Les
cellules de neuroblastome peuvent s’installer notamment
dans les os ou dans la moelle osseuse*. On parle alors de
neuroblastome métastatique ou disséminé.
1.3 Le neuroblastome est-il un cancer fréquent ?
Le neuroblastome est un cancer rare : 130 à 150 cas sont
diagnostiqués chaque année en France.
5
1
Chez les enfants de moins de 6 ans, le neuroblastome reste
néanmoins le cancer le plus fréquent. Il est bien connu des centres
spécialisés dans la prise en charge des cancers de l’enfant.
1.4 D’où vient le neuroblastome ?
L’enfant se développe à partir d’une seule cellule (qui est la
réunion d’un spermatozoïde et d’un ovule). Cette cellule va
se diviser pour en donner deux, puis quatre, puis huit, etc.
A force de se diviser et de se spécialiser, ces cellules vont
former un organisme constitué de milliards de cellules. Des
cellules vont s’assembler et composeront des tissus*.
Certains de ces tissus formeront des organes comme les os,
le coeur, les poumons, les muscles, la peau ; d’autres encore
constitueront ce qu’on appelle le système nerveux (le cerveau,
la moelle épinière* et les nerfs). Une partie du système nerveux
dirige certaines fonctions automatiques. On parle du système
nerveux autonome*.
Ce système nerveux autonome est
composé en partie d’un système
nerveux appelé "sympathique". Sans
que l’on sache encore très bien
pourquoi, il arrive qu’une cellule du
système nerveux sympathique devienne
anormale : elle se divise alors sans
aucun contrôle et finit par former une
tumeur appelée neuroblastome. Il est
important de comprendre que le neuroblastome
n’est pas une maladie unique
avec une cause unique et un traitement
unique. Il y a plusieurs formes de neuroblastomes
qui ont chacune leurs traitements
spécifiques. Le schéma ci-contre
montre la localisation du système nerveux
sympathique. Les neuroblastome
se développent au niveau de ce système
nerveux. C’est la raison pour laquelle les
neuroblastomes se trouvent le plus
souvent au niveau du ventre (sur une
glande* située au-dessus du rein : la
glande surrénale, ou de chaque côté de
la colonne vertébrale). Parfois, ils
apparaissent au niveau du thorax* et,
plus rarement, au niveau du cou.
Les cellules
de neuroblastome
30 % au niveau du thorax
50 % au niveau du ventre
10 % au niveau du pelvis
SYSTÈME NERVEUX SYMPATIQUE
LOCALISATIONS DES NEUROBLASTOMES
6
GANGLION
NERVEUX
SYMPATHIQUE
REIN
GLANDE
SURRÉNALE
10 % au niveau du cou
1.5 Quelles sont les causes du neuroblastome ?
On ne connaît pas actuellement les facteurs à l’origine du
développement d’un neuroblastome.
Aucun facteur ne semble lié à l’environnement (boisson,
alimentation, pollution, tabac) ou à la manière dont vivent
la famille et l’enfant. Il n’y a pas non plus de cause
infectieuse. Le neuroblastome n’est pas contagieux. Il ne
présente pas de facteur héréditaire puisque les familles dans
lesquelles on retrouve plus d’un cas de neuroblastome sont
extrêmement rares.
En revanche, nous savons qu’un neuroblastome présente
des anomalies dans le centre de la cellule (appelé "noyau"
de la cellule).
Ce noyau contient des petits bâtonnets que l’on
appelle les chromosomes*. Dans toutes les cellules
de l’homme, on retrouve toujours le même
nombre de chromosomes : 46. Chacun porte un
numéro. Ces chromosomes sont très importants :
chacun contient un très grand nombre de gènes*
qui servent à faire fonctionner normalement la
cellule. Il arrive que les chromosomes présentent
des anomalies qui atteignent certains gènes. Le
programme de fonctionnement est alors déréglé et la cellule
va se comporter de façon anormale.
Dans le noyau d’une cellule d’un neuroblastome, il arrive
qu’il y ait beaucoup trop de chromosomes. Parfois il peut
manquer un petit bout du chromosome 1. Parfois, il existe
un bout en plus sur le chromosome 17. Parfois encore, on
retrouve un gène qui se trouve sur le chromosome 2 copié à
plusieurs exemplaires et que l’on appelle gène MYCN*. Mais
nous ne connaissons pas encore les
raisons pour lesquelles ces anomalies
génétiques apparaissent.
Le bout en plus du chromosome 17,
le bout en moins du chromosome 1 et
les copies du gène MYCN sur le chromosome
2 favorisent la multiplication des
cellules de neuroblastome.
46 chromosomes
Gène MYCN amplifié
au niveau du noyau
7
Le Diagnostic
8
Cette partie du document doit vous permettre de repérer les étapes
nécessaires au diagnostic* du neuroblastome et de mieux comprendre
les différents examens et consultations que le médecin peut proposer.
Le diagnostic est la démarche qui permet de reconnaître la maladie
dont votre enfant souffre, de savoir si c’est un cancer ou non. Si c’est
un cancer, le médecin doit déterminer de quel type de cancer il s’agit,
quelle en est la gravité. Le médecin a donc besoin d'informations
complètes avant de proposer un traitement.
Le diagnostic permet d’identifier la maladie à l’origine des
signes* ou des symptômes* que présente l’enfant. Toutefois,
les signes et les symptômes qui amènent les parents à
consulter leur médecin ne sont pas toujours particuliers au
neuroblastome et peuvent faire penser à d’autres maladies.
En effet, il s’agit généralement de maux de ventre, de
douleurs dans les jambes ou au niveau des articulations, de
fatigue ou de fièvre. Parfois, la présence d’un hématome
apparu autour des deux yeux oriente le médecin vers
un diagnostic de neuroblastome. Dès que l’on suspecte
fortement un neuroblastome, votre enfant est confié à une
équipe spécialisée qui va procéder à un bilan*.
Le délai entre la découverte de quelque chose d'anormal et
le début d'un traitement peut sembler très long. Ce délai est
indispensable afin de réaliser un ensemble d’examens. Les
informations obtenues vont permettre d’établir un
diagnostic exact et précis. Celui-ci permet d’élaborer ensuite
un programme, c'est-à-dire de proposer le meilleur traitement
adapté à l’enfant ainsi qu’à sa maladie et la meilleure
façon de le réaliser.
2.1 Le bilan : quels sont les examens pratiqués
pour établir un diagnostic ?
2.1.1 L’EXAMEN CLINIQUE
Le médecin interroge les parents sur la santé de l’enfant
Comment savoir si c’est un neuroblastome ? 2
depuis sa naissance (maladies, accidents, etc.), ce qu’on
appelle les antécédents.
Le médecin interroge les parents et l’enfant pour connaître
l’histoire de la maladie, leur demande la façon dont les
signes* et les symptômes* sont apparus.
Ensuite, le médecin examine l’enfant afin de rechercher
d’éventuels signes anormaux : boule, hématome, endroit
douloureux, difficulté à bouger les membres, etc.
L’examen clinique permet de voir quels sont les autres
examens à réaliser.
Généralement, le bilan comprend : •des examens par prélèvements* (sang, urines), •différents examens radiologiques* qui ont pour but de
bien situer la tumeur, ses limites et sa taille (scintigraphie*,
échographie* et/ou scanner* et/ou IRM*), •des examens au microscope que l’on appelle examens
anatomo-pathologiques* : un fragment de la tumeur* et un
peu de moelle des os* sont observés au microscope. Ce
sont ces examens qui permettent de découvrir exactement
de quel type de tumeur il s’agit.
2.1.2 LES EXAMENS RADIOLOGIQUES
Les examens radiologiques et scintigraphiques ont pour
but de localiser la tumeur et de vérifier si elle s’est propagée
à d’autres parties du corps.
Les examens radiologiques et scintigraphiques montrent
des images de l’intérieur du corps. Ces examens sont
importants car grâce aux images obtenues, il est possible de
localiser exactement la tumeur et de déterminer si elle gêne
les organes et/ou les vaisseaux sanguins qui sont à proximité.
Ces examens permettent également de savoir si la tumeur
peut être enlevée totalement par chirurgie. Si ce n’est pas le
cas, les images montrent où il est possible d’effectuer un
prélèvement sur la tumeur afin de l’identifier.
Certains examens peuvent être faits rapidement, comme : •une échographie de l’abdomen, •une radiographie* des poumons.
9
10
D’autres examens nécessitent plus de préparation de
l’enfant. Ils demandent plus de temps.
C’est le cas du : •scanner ou de l’IRM, •de la scintigraphie.
Chez l’enfant de moins d’un an, une radiographie du
squelette entier peut être demandée.
2.1.2.1 L’échographie
L’échographie est un examen réalisé avec une sonde (sorte de
gros crayon) reliée à un écran de télévision et à un ordinateur.
Cette sonde envoie des ultrasons qui permettent de regarder
l’intérieur du corps à travers la peau. Cet examen est identique
à celui qui permet de voir l’enfant dans le ventre de la mère lors
d’une grossesse. Ces ultrasons sont arrêtés par l’air ou par les
os. L’échographie ne permet donc pas de tout voir.
L’enfant est allongé sur un lit. Le médecin radiologue passe
un produit sur la partie du corps de l’enfant à examiner. Ce
produit est un gel qui permet à la sonde de mieux glisser sur
la peau et de faciliter l’observation.
Cet examen n’est pas douloureux. Il nécessite souvent que l’enfant
soit à jeun. Sa durée est d’environ quinze minutes.
2.1.2.2 Le scanner
Le scanner est un gros anneau relié à un ordinateur
qui permet d’examiner avec précision
certaines parties du corps de l’enfant grâce à
des rayons X : le thorax, le ventre ou le crâne
par exemple.
L’enfant est installé sur un lit mobile qui se
déplace lentement à l’intérieur de l’anneau. Le
manipulateur est placé derrière une vitre
et explique à l’enfant ce qui se passe. Une
injection est faite au cours de l’examen.
Elle permet de mieux voir les vaisseaux sanguins. Au fur et à
mesure que le lit de l’enfant passe dans l’anneau, des photos
sont prises : elles apparaissent petit à petit sur l’écran.
Cet examen nécessite une piqûre mais n’est pas douloureux par la suite.
Scanner
Scintigraphie
ou mIBG
L’enfant doit être à jeun. Sa durée est d’environ une
demi-heure.
2.1.2.3 La scintigraphie
La scintigraphie permet de voir où
s’accumule un produit radioactif. Pour le
neuroblastome, le produit est la mIBG.
L’enfant est allongé sur un lit. Le produit lui est injecté par
piqûre la veille de l’examen. Grâce à une caméra spéciale
(gamma caméra), l’appareil qui se déplace autour de l’enfant
obtient des images des zones où le produit s’est accumulé.
Cet examen nécessite une piqûre mais n’est pas douloureux par la
suite. Sa durée varie de quinze minutes à une heure, parfois plus. Il
faut pouvoir rester immobile.
2.1.2.4 L’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique)
L’appareil qui permet de réaliser une IRM est une sorte
de tunnel relié à un ordinateur. L’IRM utilise un champ
magnétique. Elle permet d’observer avec précision le crâne, le
thorax ou l’abdomen. Un manipulateur installe l’enfant sur
un lit mobile. Il lui place sur la tête une sorte de casque de
cosmonaute qui enregistre le signal émis par le corps. Le lit
va se positionner lentement à l’intérieur du tunnel. Pendant
tout l’examen, il est recommandé de ne pas bouger car les
images seraient très floues. Comme pour le scanner, il
ne faut pas s’impatienter : l’ordinateur met du temps à
afficher les images qui ont été prises. La machine fait
du bruit comme un marteau piqueur, mais l’enfant peut
écouter de la musique avec un casque.
Cet examen nécessite une piqûre mais n’est pas douloureux par la
suite. Sa durée varie entre une demi-heure et trois quarts d’heure.
L’enfant doit rester immobile. Pour cela, un médicament donné
avant l’examen permet de le calmer.
2.1.3 LES EXAMENS PAR PRÉLÈVEMENTS (URINES, SANG)
2.1.3.1 L’examen des urines
Les catécholamines sont des substances que l’on trouve
normalement à des taux très faibles dans l’organisme.
11
12
Dans la majorité des neuroblastomes, la production de ces
catécholamines augmente fortement. Elles sont éliminées
par les urines de l’enfant. L’analyse des urines permet donc
de déterminer si le taux de catécholamines est trop élevé. Si
c’est le cas, on peut fortement soupçonner que la tumeur
est un neuroblastome. Trois types de catécholamines sont
dosés : l’acide homovanilique (HVA), l’acide vanylmandilique
(VMA) et la Dopamine. L’analyse de ces
substances dans les urines nécessite de recueillir les urines
de l’enfant durant vingt-quatre heures.
2.1.3.2 L’examen de sang
Les prises de sang permettent seulement de juger de la
façon dont les organes de l’enfant fonctionnent (le foie et
le rein en particulier). Rien dans le sang ne permet de
diagnostiquer un neuroblastome.
2.1.3.3 L’examen des cellules de neuroblastome :
l’examen anatomo-cyto-pathologique.
L’examen anatomo-cyto-pathologique* est indispensable car
c’est le seul qui garantit le diagnostic, autrement dit, qui
permet d’identifier la tumeur avec exactitude.
Qu’est-ce qui est nécessaire à cet examen ?
En vue de l’examen, un échantillon de la tumeur* est prélevé
par le radiologue ou par le chirurgien. Ce prélèvement se fait
habituellement sous anesthésie générale* (l’enfant est
complètement endormi).
On procède en même temps à des prélèvements dans la
moelle osseuse (organe qui fabrique le sang). Ce sont des
biopsies ostéo-médullaires* et des myélogrammes*. Les experts
internationaux se sont mis d’accord pour effectuer au
minimum deux biopsies ostéo-médullaires et quatre
myélogrammes.
Que fait le médecin chargé des examens anatomo-pathologiques ?
L’examen anatomo-pathologique, souvent abrégé en "anapath",
consiste à analyser au microscope un échantillon de la tumeur.
L’addition de certains produits colore les cellules* cancéreuses
qui sont ainsi repérables au microscope.
Cet examen est effectué par un médecin anatomo-pathologiste.
Le médecin anatomo-pathologiste confie des
échantillons au biologiste pour étudier les anomalies
de l’ADN (constituant essentiel des
chromosomes* de la cellule) des cellules cancéreuses.
Il examine notamment les anomalies du
gène MYCN*. Cela permet de savoir comment
s’attaquer aux cellules et de choisir ainsi au
mieux le traitement.
Le médecin anatomo-pathologiste examine également les
deux biopsies osseuses et les quatre myélogrammes. Ces
examens permettent de savoir si des cellules cancéreuses se
trouvent dans la moelle osseuse. Il faut savoir qu’on ne traite
jamais un enfant lorsqu’on ne fait que soupçonner un
neuroblastome, sauf certaines urgences. Un traitement ne
débute que lorsque le diagnostic de neuroblastome est
confirmé par l’examen anatomo-pathologique et que le
bilan complet a montré si cette tumeur était localisée ou si
des métastases* existaient.
Ces examens font partie des méthodes reconnues par
l’ensemble des experts. Ce sont des standards*.
2.2 Les différents types de neuroblastome
Les travaux de recherche permettent actuellement de
distinguer trois neuroblastomes différents : •une maladie qui peut guérir toute seule ou avec un
traitement très léger, •une maladie souvent guérissable avec un traitement adapté, •une troisième maladie très agressive plus difficile à guérir
et qui nécessite un traitement beaucoup plus fort.
L'âge de l'enfant lors du diagnostic (soit inférieur à un an,
soit égal ou supérieur à un an), le caractère localisé ou
13
Examen
de la tumeur
au microscope
14
disséminé et les anomalies du gène MYCN, suffisent actuellement
pour choisir le traitement le plus adapté en fonction
du neuroblastome.
2.2.1 COMMENT SONT CLASSÉS LES NEUROBLASTOMES ?
Différentes classifications des neuroblastomes ont été
établies, variables selon les pays. Ces classifications ont
pour but de distinguer les différents types de neuroblastomes,
afin d’adapter le traitement. En 1993, des spécialistes européens
et américains ont décidé de proposer une classification
internationale qui doit permettre de comparer les
résultats des différents traitements. Cette classification
porte le nom d’International Neuroblastoma Staging
System (INSS*). La classification TNM renseigne sur la taille
de la tumeur (T), le nombre de ganglions* atteints (N : en
anglais ganglion se dit "Node") et enfin, sur la présence ou
non de métastases* (M). Les classifications TNM et l'INSS
sont les deux classifications utilisées en Europe.
Quelle que soit la classification employée, l’important est de
savoir si la tumeur est métastatique (disséminée) ou non :
•si les cellules sont restées à l’intérieur de la tumeur primitive
et ne sont pas allées vers d’autres organes ou d’autres
régions du corps, on parle de neuroblastome localisé ;
•si certaines cellules ont quitté la tumeur, on parle de
neuroblastome disséminé.
Les neuroblastomes disséminés ou métastatiques correspondent
aux neuroblastomes dont certaines cellules ont quitté la
tumeur. Les cellules ont envahi d’autres organes ou régions
du corps notamment la moelle osseuse* et les os. C’est le cas
pour cinq enfants sur dix lorsque le neuroblastome est
découvert après l’âge d’un an. Cette dissémination n’est
pas due à un retard de diagnostic, mais aux caractéristiques
spécifiques de certains neuroblastomes.
15
EN RÉSUMÉ
Le neuroblastome est un cancer de l’enfant qui se
développe généralement avant 6 ans.
C’est un cancer qui doit être pris en charge dans des
centres spécialisés dans les traitements des cancers de
l’enfant. Dès lors que l’on soupçonne un neuroblastome,
des examens doivent être réalisés. Ce sont : •une analyse des urines, •des examens radiologiques (échographie abdominale,
scanner, scintigraphie ou IRM), •un examen de la tumeur et de la moelle osseuse, •un examen du noyau des cellules pour étudier ses
anomalies et le gène MYCN en particulier.
On peut alors identifier le type de neuroblastome et
adapter le traitement.
16
Différents traitements sont possibles pour soigner
un enfant qui présente un neuroblastome. Chacun de ces
traitements est bien connu par les centres spécialisés
des cancers de l’enfant. Afin de déterminer le traitement
adapté, efficace et présentant le moins de risques pour
l’enfant, plusieurs spécialistes (médecin radiologue,
chirurgien, radiothérapeute, pédiatre cancérologue)
se concertent. La décision est donc multidisciplinaire.
La coordination entre chacun est essentielle pour assurer à
l’enfant les meilleures chances de guérison. C’est le pédiatre
cancérologue qui organise cette coordination.
3.1 Quels sont les différents traitements possibles ?
Il n’existe pas de traitement universel. Les traitements sont
proposés dans le cadre de la recherche scientifique. C’est la
seule voie connue pour soigner au mieux les enfants. Les
études scientifiques ont déterminé les meilleurs traitements
pour chaque type de neuroblastome en fonction de l’âge
de l’enfant. Les protocoles, qui décrivent de façon précise
les conditions et le déroulement du traitement, sont
nationaux et parfois internationaux.
On distingue deux types de traitements possibles :
•les traitements loco-régionaux : la tumeur* est enlevée ou
détruite directement à l’endroit où elle se trouve. Les traitements
loco-régionaux sont la chirurgie et la radiothérapie* ;
•les traitements généraux. Ce sont des traitements qui
agissent dans tout l’organisme de l’enfant, à la fois sur
la tumeur et là où peuvent se trouver les métastases*. C’est
le cas de la chimiothérapie*.
Traitements Quels sont les moyens pour lutter contre
un neuroblastome ?
3
3.1.1 LA CHIRURGIE
La chirurgie est une arme importante pour le traitement du
neuroblastome. Le but de ce traitement local est d’enlever
la tumeur. La chirurgie devra être la plus complète possible,
c’est-à-dire ôter dans la mesure du possible la totalité de la
tumeur, sans prendre de risques vitaux pour l’enfant.
Les différentes images radiologiques (scanner ou IRM*)
obtenues lors du bilan diagnostique* permettent d’évaluer les
risques de la chirurgie.
3.1.2 LA RADIOTHÉRAPIE
Comme la chirurgie, la radiothérapie* est un traitement locorégional
du cancer : elle permet d’éliminer directement
la tumeur à l’endroit où elle se trouve. Cette technique
consiste à utiliser des rayons* (appelés rayons X ou photons)
qui vont atteindre la tumeur, abîmer les
cellules cancéreuses et les rendre incapables
de se diviser. Si les cellules ne peuvent plus se
diviser, elles disparaîtront.
La radiothérapie est utilisée depuis longtemps
pour traiter les cancers. Dans le cas précis
du neuroblastome, les études scientifiques
internationales ont montré l’efficacité de ce
traitement. La décision de faire ou non
une radiothérapie dépend du type et du stade de neuroblastome
ainsi que de l'âge de l’enfant. La radiothérapie
entraîne chez le petit enfant des troubles de croissance et
cette complication joue un rôle dans le choix du traitement.
3.1.3 LA CHIMIOTHÉRAPIE
La chimiothérapie consiste à traiter le cancer* par des
produits chimiques : les médicaments. Ces médicaments
sont appelés médicaments anti-tumoraux (contre la
tumeur) ou anticancéreux (contre le cancer). Ces
médicaments agissent par voie générale, c'est-à-dire qu’ils
ont un effet à la fois sur la tumeur et dans l'ensemble du
corps. Ces médicaments sont introduits dans des veines par
l’intermédiaire d’un tuyau appelé cathéter* ou chambre
implantable selon sa forme. Le but de ces médicaments est
de détruire les cellules cancéreuses quel que soit l’endroit
où elles se trouvent, et d’empêcher leur division, ce qui va
provoquer leur disparition.
17
Séance
de radiothérapie
18
Les médicaments de chimiothérapie sont nombreux.
L’action d’un médicament utilisé seul peut ne pas être
suffisante. C’est pourquoi ils sont associés entre eux : cela
permet d’augmenter leur efficacité. Les combinaisons
de plusieurs médicaments de chimiothérapie
composent ce qu’on appelle des protocoles
de chimio-thérapie. Ces protocoles de chimiothérapie
sont particuliers à chaque cancer. Ils
sont établis en fonction de leur efficacité sur le
cancer et de leurs effets toxiques sur l’organisme
(ils peuvent en effet provoquer des effets
secondaires* ou des séquelles*). Les doses de ces
médicaments sont ensuite calculées en fonction
du poids de l’enfant et de sa taille.
Le neuroblastome est une tumeur "chimiosensible",
c’est-à-dire que les chimiothérapies
peuvent la faire diminuer de volume.
Les principaux médicaments utilisés sont : •le cyclophosphamide ; •la doxorubicine (produit rouge) ; •l’étoposide ; •les sels de platine ; •la vincristine.
Si la chimiothérapie est toxique pour la tumeur, elle entraîne
des effets secondaires tels que des nausées et vomissements,
une alopécie (perte de cheveux temporaire), une
aplasie* et parfois, en fonction des médicaments et doses
administrés, une stérilité définitive.
3.2 Selon quels critères choisit-on les différents
traitements ?
Différents traitements sont possibles pour soigner un
enfant atteint d’un neuroblastome. Le choix de ces
traitements dépend : •de l’âge de l’enfant (moins ou plus d’un an) ; •du stade de neuroblastome (localisé ou disséminé) ; •des anomalies de la cellule du neuroblastome (copies du
gène MYCN* ou non).
3
2
1
4
1. Chambre
2. Pansement
post-opératoire
3. Cathéter
sous-cutané
4. Cathéter
intraveineux
Chambre
implantable
et cathéter
Ce neuroblastome disséminé du jeune enfant est appelé 4 S,
“S” comme spécial, à cause de sa présentation particulière.
Cette forme particulière de neuroblastome disséminé
atteint le plus souvent les enfants de moins de 6 mois. C’est
le foie qui est le plus fréquemment touché par les métastases
du neuroblastome. Il existe deux situations différentes
en fonction des signes et des symptômes que présente l’enfant
: •Soit l’enfant a des symptômes ou des signes graves (très
gros ventre, gêne pour respirer, etc…) : cette forme de
neuroblastome est une forme dite “bruyante”. Il convient
alors de proposer rapidement un traitement par chimiothérapie*
tout en adaptant les doses au poids de l’enfant.
Une légère radiothérapie sur le foie est parfois nécessaire ;
•Soit il n’y a pas de symptôme ou de signe grave : c’est la
forme “calme”. Ces enfants sont alors à surveiller très
attentivement. En effet, il arrive que le neuroblastome
disparaisse spontanément sans avoir besoin de procéder
au moindre traitement. Parfois, cette forme “calme”
peut devenir “bruyante” et nécessite alors un traitement.
Dans tous les cas, ces enfants doivent être surveillés et traités
dans un service de cancérologie pédiatrique. Il est préférable
d’effectuer une chirurgie sur la première tumeur
(la tumeur primitive) quand les métastases ont diminué.
3.3 Est-il possible de dépister un neuroblastome ?
Le dépistage consiste à pratiquer des examens dans le but
de rechercher une maladie (un cancer par exemple) à un
stade très précoce. Dans le cas du neuroblastome, le fait
que l’on puisse trouver des catécholamines (HVA,
VMA) dans les urines de l’enfant est un moyen de dépistage
possible.
19
20
RÉSUMÉ
Trois moyens sont disponibles pour lutter contre le neuroblastome
: • la chirurgie, • la radiothérapie, • la chimiothérapie.
Le choix de ces traitements dépend : • de l’âge de l’enfant (avant ou après l’âge d’un an), • du stade du neuroblastome (localisé ou disséminé), • de la biologie du neuroblastome (copies
du MYCN ou non).
Dans le cas du neuroblastome 4S, l’état clinique de votre
enfant guidera la mise en route du traitement en une simple
surveillance au départ. Cette surveillance est faite par l’équipe
qui vous a pris en charge. La chimiothérapie et la chirurgie
sont les “armes” utilisées pour le traitement s’il est nécessaire.
La radiothérapie peut parfois compléter le traitement
en cas de nécessité.
Un dépistage systématique a été effectué dans le cadre très
particulier de la recherche médicale. Ainsi, des spécialistes
ont réalisé des études au Japon, en France à Lyon et au
Canada. Ces études n’ont pas permis de montrer un avantage
au dépistage systématique. En effet, ce dépistage n’a
découvert que des neuroblastomes qui guérissent tout
seuls, sans qu’aucun traitement soit nécessaire. Il n’a pas
permis de diminuer pour autant le nombre de neuroblastomes
pour lesquels un traitement est indispensable.
Une conférence de consensus à Lyon, en 1998, a réuni les
experts internationaux du neuroblastome. Le jury de cette
conférence a conclu que le dépistage du neuroblastome
avant l’âge de 6 mois ne présente pas d’avantage.
21
En cancérologie vous entendez parler de rémission complète
qui correspond à une étape indispensable sur le chemin de
la guérison. Ceci signifie que les examens à notre disposition
actuellement ne permettent plus de déceler la maladie.
En effet, nous ne pouvons pas savoir s’il reste des cellules
cancéreuses (au niveau microscopique). C’est pour cela
qu’une surveillance attentive de l’enfant est effectuée.
Les chiffres qui sont donnés ci-dessous proviennent d’études
scientifiques réalisées sur beaucoup d’enfants atteints par
un neuroblastome. Il ne s’agit que de chiffres indicatifs.
Dans le cas particulier du neuroblastome 4S, on guérit
entre 75 % et 85 % des enfants.
Les résultats Quelles sont les chances de guérison ? 4
22
La surveillance a pour but de : •déceler le plus tôt possible une éventuelle rechute* afin de
reprendre rapidement un traitement destiné à guérir
l’enfant ; •rechercher d’éventuelles complications liées aux traitements
qui ont été effectués.
La surveillance Les traitements sont terminés, que faut-il faire ? 5
23
Glossaire Ce glossaire concerne spécifiquement l’explication des termes en rapport
avec le présent document "Comprendre le neuroblastome".
Un dictionnaire plus complet sur l’ensemble des cancers figure dans le livre
"Les cancers de A à Z". Ce dictionnaire est disponible sur le site internet de
la Fédération Nationale des Centres de Lutte Contre le Cancer
(www.fnclcc.fr) et également chez l’éditeur à l’adresse suivante : Editions
FRISON-ROCHE - 18, rue Dauphine - 75006 Paris - Tél. 01.40.46.94.91.
* : voir ce mot
A
Anatomo-cyto-pathologie : examen au microscope de cellules* (cytologie) ou de
tissus* (histologie) de l’organisme.
La cytologie* et l'histologie* sont les deux techniques de l'examen anatomo-cytopathologique.
L’histologie établit de façon sûre le diagnostic* de cancer. De plus,
cet examen permet de déterminer le type de cancer dont il s’agit.
Anatomo-pathologiste : médecin spécialiste qui examine des cellules et des
tissus au microscope.
Anesthésie : acte qui consiste à endormir et rendre insensible le patient
(anesthésie générale) ou une partie du corps (anesthésie locale ou partielle)
pendant une intervention chirurgicale.
Aplasie : très forte diminution des globules blancs, accompagnée d’une baisse
des autres éléments du sang (globules rouges et plaquettes). C’est un effet
secondaire, temporaire, de certains médicaments de chimiothérapie*.
B
Bilan : un bilan évalue l’état de santé d’une personne. Au terme de ce bilan,
le médecin dispose de renseignements qui lui permettent de proposer un
traitement adapté à la situation.
Le bilan diagnostique a pour but de déterminer s'il s'agit bien d'un cancer et
d'identifier le type de cancer. Le bilan d'extension recherche l’étendue du cancer
et la présence ou non de métastases* dans d'autres organes.
Biopsie ostéo-médullaire : prélèvement de la moelle des os qui est analysé au
microscope. Ce prélèvement est réalisé par un médecin et se fait sous anesthésie*
générale.
6
24
C
Cancer/Tumeur maligne : cellules anormales qui se multiplient de façon
incontrôlée. Elles finissent par former une masse qu’on appelle tumeur maligne.
Cathéter : tuyau souple et fin introduit dans une veine afin d’y injecter un
produit ou des médicaments, ou pour faire une prise de sang.
Le cathéter améliore le confort de l’enfant qui n’a pas besoin de subir une
piqûre à chaque injection. Il diminue le risque d’abîmer les veines et facilite les
perfusions de chimiothérapie*.
Cellule : élément visible au microscope dont est constitué tout organisme vivant.
Plantes et animaux sont composés de cellules très différentes qui se multiplient,
meurent et se renouvellent.
Des cellules identiques assemblées entre elles forment un tissu*.
Les cellules cancéreuses sont des cellules qui se sont modifiées et se multiplient
de façon anormale. Voir cancer*.
Chimiothérapie (Chimio) : traitement général du cancer* à l’aide de médicaments.
Les médicaments anticancéreux visent à détruire les cellules* cancéreuses
ou à les empêcher de se multiplier, entraînant leur mort. Ces médicaments peuvent
être administrés par piqûres ou perfusions ou parfois sous forme de comprimés.
Chromosome : les chromosomes sont de petits bâtonnets situés dans le noyau
de la cellule, contenant l’ensemble des gènes.
Cytaphérèse : technique qui permet de prélever dans le sang des cellules
(cellules souches) qui pourront venir se loger dans la moelle osseuse* et refabriquer
à nouveau du sang.
D
Diagnostic : c’est la démarche qui identifie la maladie à l'origine des signes* ou
des symptômes* ressentis ou observés par le patient. Le diagnostic permet de
reconnaître la maladie dont l’enfant souffre. Voir bilan*.
E
Echographie : technique d'examen qui montre des images d'une partie du corps
ou de certains organes à l’aide d’ultrasons. Il s’agit d’un examen d'imagerie.
Effet secondaire : les traitements ont pour but de soigner le cancer*. Parfois, ils
entraînent des conséquences désagréables pour le malade qu’on appelle des
effets secondaires. Il y a deux types d’effets secondaires : les effets secondaires
immédiats et les effets secondaires tardifs.
Les effets secondaires immédiats sont des effets à court terme : nausées, perte
de cheveux, etc. Temporaires, ils disparaissent généralement après la fin des traitements.
Les effets secondaires tardifs sont des effets à long terme et peuvent persister
25
longtemps après l’arrêt des traitements, parfois jusqu’à la fin de la vie. Ils sont
alors appelés séquelles.
Si les effets secondaires sont fréquents, ils n’apparaissent pas de façon obligatoire
ni systématique. Ils dépendent des traitements reçus, des doses administrées, du
type de cancer* et de la façon dont chacun réagit aux traitements.
Examen radiologique : examen qui permet d’obtenir des images d’une partie du
corps ou des organes. Il s’agit d’un examen d'imagerie. Il existe différents types
d’examens radiologiques : échographie*, scanner*, IRM*, scintigraphie*).
G
Ganglion : les ganglions sont de petits renflements répartis le long des vaisseaux
lymphatiques* et disposés dans certaines parties du corps.
Les ganglions jouent un rôle essentiel dans la protection du corps contre les
infections ou les cellules* cancéreuses. Ils sont soit superficiels (dans le cou,
l’aisselle, l’aine), soit profonds (dans l’abdomen, le thorax). Ils mesurent normalement
moins d‘un centimètre de diamètre.
Gène : petite partie d’un chromosome* comportant une information indispensable
au fonctionnement de la cellule.
I
INSS (International Neuroblatoma Staging System) : classification internationale
qui différencie les neuroblastomes par stade (1 à 4) selon le type de la tumeur et
ses caractéristiques (taille, opérabilité et dissémination vers d’autres organes).
IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) : technique d’examen qui montre
des images d’une partie du corps ou des organes. Cette technique d’imagerie
repose sur la différence de magnétisme des tissus.
L
Lymphatique (système lymphatique) : le système lymphatique est composé
d'un ensemble de ganglions* et de vaisseaux lymphatiques.
Les ganglions jouent un rôle essentiel dans la protection de l’organisme contre
les infections ou les cellules* cancéreuses.
M
Métastase : migration (on dit aussi dissémination ou propagation) de cellules*
cancéreuses qui proviennent d'une tumeur primaire et qui se développent dans
un autre organe. On parle aussi de maladie métastatique ou de localisation
secondaire du cancer.
26
Moelle osseuse : substance se trouvant à l’intérieur des os qui produit les différentes
cellules du sang (globules rouges qui transportent l’oxygène, globules blancs qui
défendent l’organisme contre les infections et plaquettes qui arrêtent les saignements
et permettent la cicatrisation).
N
MYCN (Gène MYCN) : petite partie du chromosome* n°2. Ce gène a un rôle dans
la division de la cellule. Quand il est copié en plusieurs exemplaires, la division
s’accélère.
P
Ponction/Prélèvement : ce geste consiste à introduire une aiguille dans une partie
du corps afin de prélever du tissu*, des cellules*, du liquide ou du sang, en
fonction du type d’analyses à réaliser.
En cas de prélèvement de cellules, on parle de ponction cytologique ; en cas de
prélèvement de tissu, on parle de biopsie*.
Prélèvement : Voir ponction*.
R
Radiographie : technique d'examen qui permet d’obtenir des images d'une
partie du corps à l’aide de rayons X. Il s’agit d’un examen d'imagerie.
Radiothérapie : traitement local du cancer* à l’aide d’un appareil qui émet des
rayons. Ces rayons dirigés vers la tumeur vont la détruire.
Ce traitement se fait dans un service spécialisé de radiothérapie. On parle aussi
de rayons.
Rayons : voir radiothérapie*.
Rechute/Récidive : réapparition des signes ou des symptômes* signalant la
présence du cancer. Cette réapparition peut survenir très tôt après les
traitements, mais aussi après une longue période de guérison apparente.
Récidive : voir rechute*.
Rémission : diminution, voire disparition des signes* ou des symptômes du
cancer.
S
Scanner : technique d’examen qui permet d’obtenir des images du corps en
coupes, à l’aide de rayons X. Il s’agit d’un examen d’imagerie.
27
Scintigraphie : technique d’examen qui montre des images du squelette osseux
ou de la tumeur. Cette technique d’imagerie utilise des produits faiblement
radioactifs qui, une fois injectés, se fixent sur les tissus osseux.
Séquelle : voir effet secondaire*.
Signe/Symptôme : manifestation anormale observée par le patient ou par le médecin.
Standard : un traitement est un standard lorsqu’il a été validé par des essais
thérapeutiques. Ces études ont montré que, pour une même situation, les bénéfices
de ce traitement sont clairement supérieurs à ceux des autres traitements.
Le traitement standard est proposé de façon systématique dans une situation
donnée. Il peut arriver que le médecin ne puisse pas appliquer le traitement
standard du fait de facteurs particuliers à l’enfant ou à sa maladie. Le médecin
propose alors un ou plusieurs traitements mieux adaptés à la situation.
Sternum : os plat situé en avant de la cage thoracique.
Système nerveux autonome : système nerveux qui dirige certaines fonctions
automatiques du corps. Ce système nerveux est constitué de deux parties : le
système parasympathique et le système sympathique. C’est dans le
système nerveux sympathique que peut se développer un neuroblastome.
T
Thorax : partie du corps dans laquelle se logent le coeur et les poumons, sous
les côtes et le sternum*.
Tissu : ensemble de cellules identiques qui ont une même fonction (tissu
musculaire, tissu osseux par exemple).
Tumeur : voir cancer*.
Les SOR sont une oeuvre collective créée par la Fédération Nationale des Centres de Lutte Contre le
Cancer (FNCLCC), et protégée par les dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. La
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